Une unité de biothérapies innovantes à 2,5 M€ pour le CHU de Toulouse
Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse se dote d’une unité de pharmacotechnie-biothérapies innovantes au sein de l’hôpital Rangueil. Le fruit d’un investissement de 2,5 M€, financé pour près de 1,4 M€ par la Région Occitanie dans le cadre du programme européen Feder React-EU. « Cette unité, qui est l’une des dix du genre existant en France, sera dédiée à la recherche en biothérapies innovantes et offrira par ailleurs une capacité supplémentaire de préparations pharmaceutiques en cas de pénurie de médicaments ou de crise sanitaire », indique Philippe Cestac, chef du pôle pharmacie au CHU de Toulouse. Et Jean-François Lefebvre, DG du CHU toulousain, d’ajouter : « Ce qui s’écrit là, c’est la médecine de demain ! »
Concrètement, cette nouvelle unité, qui entre en service en avril après deux ans de gestation et neuf mois de travaux, permettra aux équipes du CHU de préparer des médicaments dits de « thérapie innovante » (MTI). « C’est un changement thérapeutique majeur qui va impacter toutes les spécialités médicales », assure Philippe Cestac. Jean-François Lefebvre acquiesce : « Nous sommes ici au cœur de notre mission consistant à assurer des traitements que les autres ne font pas. »
Des traitements coûtant « jusqu’à 2 M€ »
Recouvrant à la fois la thérapie cellulaire et la thérapie génique, ces médicaments, dédiés au traitement de maladies jusque-là incurables – dans les domaines de l’oncologie, de la neurologie ou de la cardiologie, par exemple –, sont « très onéreux, pour la plupart entre 300 k€ et 2 M€ par traitement », précise le Dr Isabelle Quelven-Bertin, responsable des préparations hospitalières, accès précoces, rétrocessions et essais cliniques, MCU-PH au CHU toulousain. Ils pourront désormais être préparés selon des protocoles adaptés – et sécurisés – au sein de ces salles flambant neuves, en vue d’être administrés aux patients, aussi bien dans le cadre du soin courant que de protocoles de recherche.
« Au-delà de ces coûts très élevés, la préparation de ces médicaments répond à des normes particulières, avec des contraintes de conservation, un risque potentiel pris durant la manipulation et une durée de vie très courte », explique le Dr Isabelle Quelven-Bertin. Pour répondre à ces contraintes, le site est notamment équipé d’une salle de préparation en dépression, de deux salles de préparation en surpression, de cinq postes de sécurité microbiologique, d’une cuve à azote, d’un autoclave et de trois congélateurs à - 80 °C.

Prévenir les ruptures en cas de crise
En parallèle, le projet vise aussi à doter l’hôpital Rangueil de nouvelles capacités de préparation de médicaments, dans la perspective d’un besoin ponctuel lié à des pénuries ou à une crise sanitaire d’envergure comme celle du Covid-19. « À l’époque, nous avons été amenés à préparer nous-mêmes des médicaments en rupture, en particulier des curares, et nous ne disposions pas de suffisamment de salles de préparation », se souvient le Dr Isabelle Quelven-Bertin.
Pour la Région Occitanie, cofinancer cette plateforme relevait ainsi de l’évidence. « Nous avons fait le choix d’investir plus de 150 M€ dans l’hôpital public durant ce mandat, rappelle Vincent Bounes, vice-président à la Santé. Nous nous sommes rendu compte durant le Covid que nous étions trop dépendants des marchés extérieurs ; nous nous inscrivons ici dans une logique d’autonomie et de relocalisation technique et technologique. »
Le CHU de Toulouse devrait par ailleurs injecter « pas loin de 10 M€ cette année – pour une livraison prévue en 2025 – dans la construction d’un bâtiment de pharmacotechnie à l’hôpital Purpan », indique Jean-François Lefebvre. En 2022, le CHU de la Ville rose rassemblait 16 202 professionnels, pour 2 975 lits et places.












