Un marché du logement neuf en chute libre dans la métropole de Montpellier
Les volumes n’ont jamais été aussi bas. « Comme au niveau national, les mises en vente de logements sont en recul de 31 %* dans l’ex-Languedoc-Roussillon au 1er semestre 2024 par rapport au 1er semestre 2023 et de 50 % dans la Métropole de Montpellier, avec seulement 300 lots », indique Thierry Iacazio, président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie Méditerranée, le 19 septembre. Faute d’offre (-13 % en ex-LR), le décrochage se retrouve également sur les ventes, avec une chute de 30 % enregistrée au 1er semestre dans la métropole montpelliéraine (392 ventes). « En pleine guerre du Golf, il s’était vendu plus de 1 100 logements », rappelle Thierry Iacazio.
*source Adéquation
Le contexte incertain pèse sur l’activité de la promotion. « En mai-juin, nous avions retrouvé des contacts clients grâce à la baisse des taux. Ils ont été stoppés suite à la dissolution du Gouvernement », indique Pierre Raymond, directeur de Sogeprom Pragma et membre du bureau de la FPI-OM. « Jusqu’à fin 2022, nous vendions très bien, souligne Thierry Iacazio. Puis le marché a chuté. Le temps d’écoulement des logements dépasse les 15 mois, sachant que l’équilibre est à 12 mois». Cela a un effet sur l’offre, qui chute de 35 % dans la métropole de Montpellier au 1er semestre 2024 par rapport à la même période en 2023, pour atteindre 1 000 logements. « Même si nous n'aurons le recul suffisant que d’ici à la fin de l’année, nous estimons que 20 % des dossiers de promoteurs ont été abandonnés dans le cadre du choc de l’offre lancé par la Métropole de Montpellier, suite à la crise de la demande et des problèmes de financements des acquéreurs. Actuellement, quand un promoteur prend un dossier, se pose la question de l’ingénierie financière, cruciale pour assurer la sortie des opérations », poursuit-il.
Baisse des ventes à investisseurs
Autre constat : l’accession à la propriété s’est durcie (taux d’intérêt, inflation...), sans compter la baisse des ventes à investisseurs, qui atteint 12 % au 1er semestre 2024 par rapport à 2023 dans l’ex-Languedoc-Roussillon (soit -53 % par rapport au 1er semestre 2022). « La tendance s’est inversée par rapport à 2019, en effet. La répartition des acquisitions est de 65 % en résidence principale et 35 % à investisseurs, désormais. Cela contribue à durcir le marché locatif », indique Pierre Raymond. Béziers est la seule commune à enregistrer une augmentation des ventes à investisseurs grâce au zonage B1. Les promoteurs s’inquiètent toutefois de la fin du dispositif de défiscalisation Pinel, prévue pour fin 2024, et de l’attentisme des investisseurs. « Il faudrait que le futur Gouvernement, sinon le ministre du logement, puisse proroger ce dispositif d’au moins trois ans, laissant le temps d’imaginer d’autres outils », indique Thierry Iacazio.
Légère baisse des prix
Les prix diminuent de 5 % à l’échelle de l’ex-Languedoc-Roussillon. « Les prix baissent, mais pas significativement », pointe le président de la FPI-OM. L'explication, selon Cédric Lebeau, directeur Les Villégiales, à Montpellier et membre du bureau de la FPI-OM : « Les prix des logements libres ne peuvent pas baisser, car nous sommes contraints de respecter la péréquation de mixité qui atteint entre 50 et 70 % de logements aidés (logement social, BRS...). Ce modèle fait gonfler mécaniquement les prix, car la proportion de logements libres produits sur une opération n’est plus la même en 2024 qu’en 2014. Les prix moyens sont passés de 3 600 €/m2 hors parking à 5 000 €/m2 hors parking sur cette période. » La hausse des coûts de production liés au prix des matériaux et aux normes a contribué également à renchérir le coût des programmes.
Les agglomérations de Béziers, Narbonne et Sète enregistrent quant à elles une hausse des mises en ventes, contrairement à Nîmes et Perpignan. A l’exception de Béziers (+ 34 %), les ventes nettes reculent : de 5 % à Perpignan et jusqu’à 32 % pour les agglomérations de Narbonne et Nîmes.










