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Haute-Garonne
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| 15/06/2026

Thomas Fantini, nouveau président du Medef 31 : « Nous devons être offensifs, utiles et influents »

© Studio Marius

Élu le 11 juin pour un mandat de trois ans à la présidence du Medef Haute-Garonne (700 entreprises adhérentes regroupant quelque 100 000 salariés), Thomas Fantini, fondateur et dirigeant du groupe de restauration, traiteur et réception toulousain Maison Pergo, répond en exclusivité aux questions de La Lettre M.

Pourquoi avoir fait le choix de vous présenter à la présidence du Medef Haute-Garonne ?
Cette décision résulte d’une implication et d’un engagement qui dure depuis de nombreuses années maintenant, avec notamment six ans en qualité de vice-président. J’avais envie de continuer à agir en prenant la suite de Pierre-Olivier Nau (président de 2020 à 2026, NDLR). C’est d’autant plus important que nous vivons actuellement une période très chahutée, et ce dans tous les secteurs d’activité. Je veux être utile en défendant les entreprises et les entrepreneurs, mais aussi les emplois dans les territoires.

Quel genre de président serez-vous ?
Je souhaite être à l’écoute et disponible, pour une défense forte des acteurs de l’économie et de l’emploi. J’ai envie de voir l’attractivité du territoire se développer. Pour cela, je vais tâcher d’être un président dévoué.

Quels sont les grands axes de votre feuille de route pour ce mandat ?
Ma feuille de route se résume en trois lettres qui forment le mot « OUI ». Avec « O » comme « offensif », car il faut être au combat si on veut défendre les intérêts des entreprises du territoire. Mais aussi « U » comme « utile », car notre organisation doit se positionner au plus près de ses adhérents et de leurs réels besoins. Et enfin « I » comme « influent », car nous devons être très présents dans nos mandats afin de peser au maximum. Dans ce sens, plus nous serons nombreux, plus nous pourrons défendre et accompagner les entreprises en leur fournissant les services dont elles ont besoin.

Quel regard portez-vous sur la situation économique du département ?
Si on regarde la métropole toulousaine, la situation est plutôt bonne, avec un secteur aéronautique et spatial fort, mais aussi des moteurs économiques qui se développent, comme le numérique, la santé et l’intelligence artificielle. En revanche, dans le reste du département, les choses sont parfois plus difficiles. Je pense notamment au bassin de Saint-Gaudens et à la situation que vit actuellement Fibre Excellence. Si cette usine venait à fermer, les répercussions seraient énormes.

De quoi ont besoin les chefs d’entreprise, dans ce contexte ?
Ce qui leur manque le plus, c’est de la visibilité. Et à notre niveau, nous souhaitons leur apporter les meilleurs éclairages possibles sur les questions sociales, juridiques et financières, mais aussi sur les sujets liés aux nouvelles technologies. Nous devons leur amener des solutions, des services. Pour cela, il faut que nous donnions une meilleure lisibilité et une meilleure accessibilité aux travaux de nos commissions, qui sont particulièrement performantes. Sans oublier de continuer à organiser des moments d’échange entre pairs, pour faire connaissance, croiser les regards ; et si ça peut générer de l’activité, alors tant mieux.

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, a annoncé son souhait de créer un Conseil économique intégrant le monde patronal, en réponse à la volonté exprimée par le Medef Haute-Garonne lors de la campagne des municipales de voir naître un « conseil stratégique ». Pour vous, c’est une victoire ?
Oui, c’est une victoire, parce que cela faisait en effet partie de nos propositions soumises à l’ensemble des candidats. Nous remercions donc Jean-Luc Moudenc de l’avoir acté et allons suivre, bien entendu, la mise en place de cette instance. Si nous y sommes vraiment écoutés, alors cela aura du sens.

Cette logique de co-construction devrait-elle être poussée, de votre point de vue, jusqu’à l’intégration de représentants patronaux au sein de la gouvernance de Tisséo, autorité organisatrice des mobilités dans l’agglomération toulousaine ?
Disons les choses : les entreprises contribuent de manière très importante au financement des transports en commun. Il serait donc logique que nous puissions participer aux décisions qui sont prises en la matière. Nous demandons par conséquent aux élus locaux de pousser une loi, au niveau national, afin que les entreprises puissent avoir dans ces instances une place décisionnelle. Il ne s’agit bien sûr pas de faire de l’ingérence, mais de peser sur les sujets et de faire remonter les besoins exprimés sur le terrain.

Sur la question du déplafonnement du versement mobilités, vous êtes a priori en désaccord avec Jean-Luc Moudenc…
C’est vrai, sur le versement mobilités, nous ne sommes pas d’accord. Il faut arrêter la fiscalité sur les entreprises ! Elles sont dans le dur, asphyxiées, en manque de trésorerie. Elles sont arrivées à la limite de ce qui est soutenable. D'ailleurs, un autre sujet qui nous fait très peur actuellement est celui de la réduction drastique des budgets alloués aux Régions pour accompagner les CFA. C’est dramatique pour les structures, mais aussi pour les jeunes. On est en train de saccager l’avenir...

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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