Transport public de personnes : la Région va devoir assumer les nouveaux enjeux
C’est à proximité du pôle d’échange multimodal (PEM) de Baillargues et à la veille de la restitution des États généraux du rail et de l’intermodalité par la Région (14/12 à Toulouse) que l’observatoire régional du transport qui rayonne sur l’Occitanie organise le 9/12 un colloque (au Domaine de Massane) sur les évolutions du transport public de personnes. Le chantier est vaste. Plus d’une centaine de professionnels du transport et des collectivités sont venus à la pêche aux informations car « l’environnement (des transports des personnes NDLR) bouge », souligne Michel Seyt, président de la FNTV (Fédération nationale des transports de voyageurs). En effet, le secteur est soumis à la loi NOTRe (fusion des régions, transfert de la compétence transport), la loi Macron a libéralisé le transport en autocar et la transition énergétique est au coeur des préoccupations publiques.
Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des mobilités et infrastructures transports, la question est de « savoir comment on met en œuvre le transport de personnes au regard de la loi, le cadre étant très contraint ». La question juridique liée au transfert de compétence et aux délégations est très complexe, comme l’a illustré la juriste de l’Association Agir. Jean-Luc Gibelin indique que les changements interviendront en 2018 et 2019, « dans le respect de la réalité des territoires. Le transfert de compétence est engagé pour le 1/1/2018 avec une offre de transport cohérente et une harmonisation de la tarification, annonce-t-il. Lors de la commission permanente de la semaine prochaine, seront présentées des conventions pour chaque Département. »
Les cars Macron
L’Arafer, l’autorité de régulation des activités ferroviaires et routières, montre à travers son observatoire qu’en Occitanie, 17 villes (200 en France, 2 M voyageurs au T3 2016) sont desservies par des compagnies privées (Flexibus, Ouibus, Eurolines) au T3 2016. 60 emplois ont été créés. Montpellier et Toulouse étant les deux pôles forts, avec 600.000 voyageurs et une quarantaine de destinations. « 66 % des voyageurs font des liaisons interrégionales, 9 % infra régionales et 25 % des liaisons radiales entre la Ville et Paris », souligne Nicolas Quinones-Gil, de l’Arafer. Le modèle économique semble difficilement soutenable, d’après la FNTV. Le prix qui était au lancement de l'ouverture à la concurrence de 3,2 €/100 km, est de 4 € au T3 2016.
Favoriser l’intermodalité
« Le paysage de la mobilité vit une révolution juridique et organisationnelle associée à l’évolution des comportements des voyageurs, commente Christophe Bazzo, directeur transports à la Région Occitanie. L’évolution institutionnelle doit nous donner les clés pour être plus innovants en favorisant l’intermodalité et la complémentarité des modes de transport. » Un avis conforté par Michel Seyt : « la digitalisation a développé le co-voiturage et les lignes de car Macron. Elle a généré des demandes de mobilités. Il ne faut pas se tromper, la concurrence, c’est la voiture. » Il confirme ainsi la nécessaire modernisation du secteur : matériel, wifi, informations en temps réel, intégration dans une chaine de mobilité. Sur la question de l’intermodalité, la Région n’a pas à pâlir : « Elle est en avance avec les PEM », selon Christophe Bazzo saluant le PEM de Baillargues et son parking bien rempli. Pour la SNCF, « l’intermodalité doit servir le flux de voyageurs. Elle doit être identifiée et accessible. Nous devons développer l’offre de services et la personnaliser », note Thierry Jacquinod, directeur de l’agence Gares Méditerranée- SNCF Gares et Connexions.










