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Pyrénées-Orientales / Région Occitanie
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Transports - Logistique
| 4/06/2019

Train de primeurs Perpignan-Rungis :
arrêt programmé au 15 juillet

« Si au lendemain de la réunion ministérielle du 24 mai, certains ont cru que la ligne de fret pour les fruits et légumes entre la plateforme de Saint-Charles International et Rungis était sauvée, nous pouvons dire aujourd'hui que c'est faux, affirme à La Lettre M Pierre Place, représentant de la CGT dans les Pyrénées-Orientales. Celui-ci rapporte que « les transporteurs perpignanais Rey et Roca sous contrat avec la SNCF nous ont assurés qu’ils rempliront le dernier train le 15 juillet. Après place aux camions. » Le gouvernement assure pourtant vouloir trouver une solution ferroviaire pérenne d'ici à la fin de l'année, permettant de poursuivre le transport des fruits et légumes par le rail.

La Région mobilisée
Pour Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, « la prochaine réunion du 20 juin au Ministère doit être décisive ». Depuis mars, la Région a réuni les transporteurs et le cluster logistique afin d’identifier des solutions de maintien du train primeurs. Une nouvelle réunion se tiendra ce 7 juin à Perpignan en présence du vice-président aux transports, Jean-Luc Gibelin. « Au-delà de l'autoroute ferroviaire prévue pour 2022, une solution est possible avec la mise en place d'un train combiné (permettant de faire voyager les conteneurs sur des trains, NDLR), indique la Région dans un communiqué. La plateforme de Perpignan est déjà équipée, seul Rungis doit faire l'objet de travaux. Ceux-ci peuvent être rapidement évalués afin que les pouvoirs publics dégagent le financement et lancent les travaux dans l'année à venir. Il s'agirait donc de maintenir la ligne existante durant un à deux ans maximum, avant la mise en œuvre d'une solution pérenne. »

La situation devient de plus en plus incohérente. Selon le syndicaliste, « l’arrêt de ce train primeurs qui assurait le transport de 400 000 t de fruits et légumes entre Perpignan et Rungis conduit au tout camion – soit 22 000 camions supplémentaires - et à l’abandon d’un système écologique et économique. Dans les années 2010, 20 M€ ont été investis sur le site de Rungis afin de développer le fret ferroviaire. Cette mise à niveau des rails a permis d’accueillir des wagons avec un déchargement latéral, soit 25 wagons traités en 30 minutes. Aujourd’hui, on demande d’investir à nouveau 35 M€ pour faire un chantier combiné alors que le remplacement des 80 wagons neufs nécessaires au maintien de la ligne actuelle représente un coût de 20 M€ et un délai de livraison de deux ans », dénonce Pierre Place. Selon lui, la réaction des transporteurs ne s’est pas faite attendre. « Le transporteur Roca déménagerait actuellement son site pour ne proposer que des prestations par camion », indique-t-il, inquiet des conséquences sur les 4 000 emplois directs et indirects locaux de la filière. Pire, il craint que les transporteurs ne finissent par recruter des chauffeurs étrangers, avec le risque de dumping social et de hausse du coût du transport.

> À lire également : Sursis pour la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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