Tourisme : l’Occitanie veut garder sa place au soleil
Alors que le salon Rendez-vous en France s’est tenu les 26 et 27 mars au Meett de Toulouse en présence de la ministre du Tourisme Olivia Grégoire, les acteurs régionaux du secteur se projettent pour La Lettre M vers la saison à venir.
« 2023 est une année record pour l’Occitanie, qui a enregistré près de 222 millions de nuitées », se réjouit Vincent Garel, président du Comité régional du tourisme et des loisirs (CRTL). Mieux : le niveau d’avant-crise – 208 millions de nuitées en 2019 – est largement dépassé. Une tendance qui profite à l’ensemble des acteurs touristiques du territoire. « Avec 140 000 visiteurs l’an dernier, la fréquentation du Pic du Midi est en hausse depuis la pandémie », indique ainsi Vincent Doutres, directeur commercial. Le Lot enregistre quant à lui 9,3 millions de nuitées, soit 7 % de plus qu’en 2019, tandis que Béziers connaît « une très belle année », note Marine Auriol, responsable commerciale de l’office de tourisme. Selon l’Insee, l’Occitanie a été la troisième région la plus fréquentée pendant la période estivale 2023 (46,4 millions de nuitées), derrière la Nouvelle-Aquitaine (47,4 millions) et l’Île-de-France (46,6 millions). Mais le succès de la destination ne s’observe pas uniquement durant ces quelques mois. « La saisonnalité s’étale de plus en plus, avec un développement des offres au printemps et à l’automne », constate Marine Auriol. Au bénéfice de l’arrière-pays, qui accueille désormais 35 % des nuitées annuelles contre 25 % pour le littoral. À ce titre, « la Lozère crée une vraie fidélisation », observe Vincent Garel.
Retour de la clientèle internationale
Les sites touristiques peuvent compter sur le retour de la clientèle étrangère. « Le Gard et l’Hérault ont toujours attiré les touristes de proximité, mais nous constatons depuis l’an dernier une nette progression de la clientèle coréenne, japonaise et nord-américaine », illustre Pauline Perey, assistante commerciale et événementiel des Arènes de Nîmes, de la Maison Carrée et de la Tour Magne. Au gouffre de Padirac, dans le Lot, l’objectif 2024 est de poursuivre le développement de la clientèle étrangère, qui représente pour l’instant 20 % des visiteurs, même si « le Lot manque de visibilité », regrette Sandra Touche, responsable commerciale. Les Jeux Olympiques et Paralympiques, organisés cet été en France, pourraient mettre un coup de projecteur sur les sites d’Occitanie.
Structurer l’offre
Malgré une année 2024 qui s’annonce dynamique, la CCI lotoise émet un bémol : si les touristes sont au rendez-vous, ils dépensent moins qu’auparavant : « En raison de l’inflation et de l’augmentation des coûts du carburant, ils font des économies sur la restauration, les sites de visite payants et les activités. Les entreprises touristiques n’ont pas été aussi réjouies qu’elles pouvaient l’être en 2023, et la tendance s’annonce similaire cette année. » Autre difficulté : le changement climatique. Le CRTL travaille ainsi avec l’Ademe afin d’accompagner les professionnels du secteur. « Nous devons arriver à prévoir des alternatives à offrir aux touristes lors d’événements climatiques particuliers », estime Vincent Garel. Un constat que partage l’office de tourisme de Béziers : « Les visites guidées à la fraîche sont plébiscitées. Nous devons nous adapter. » Cette structuration de l’offre est aussi nécessaire, selon le président du CRTL, afin de répondre aux nouvelles pratiques : « De plus en plus de touristes préfèrent butiner et restent moins longtemps au même endroit. »











