Toulouse veut miser sur une IA éthique
Toulouse serait-elle en train de devenir une place forte de l’intelligence artificielle (IA) ? C’est en tout cas le message adressé lors de la Mêlée numérique, festival du digital et de l’innovation en Occitanie organisé par l’association La Mêlée. « Nous montons clairement en puissance, se félicite Nicolas Vialet, directeur d’Aniti, Institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle lancé l’an dernier dans la Ville rose. Nous avons trois grandes missions : la recherche de pointe, la formation et le transfert de technologie en vue de créer de la valeur. Aujourd’hui, nous fédérons 70 chercheurs et une trentaine de thésards et de post-doctorants. Tout l’enjeu consiste à faire le lien entre la recherche et le monde économique, en nouant des partenariats étroits avec des industriels. » Avec, en filigrane, « les notions-clés d’explicabilité, de certificabilité et de transparence de l’IA ». Autre structure positionnée sur ces sujets : Occitanie Data, lancée également l’an dernier par des collectivités et des entreprises du territoire afin d’établir « un cadre de confiance, éthique et souverain, destiné à permettre aux acteurs de partager et de croiser leurs données tout en respectant les intérêts des individus et des propriétaires des données ». « Nous avançons à grands pas, estime Bertrand Monthubert, président. En mai dernier, nous avons publié une charte éthique de la donnée, qui n’existait pas auparavant. L’objectif est de développer de la confiance autour de cette problématique. La transition numérique devra se faire avec les citoyens, pas contre eux, mais pour eux. »
La question de la confiance
Cette question de la confiance est également centrale pour un certain nombre d’acteurs économiques, comme les banques, ainsi que l’explique Ludovic Favarette, directeur gouvernance et démocratisation de la data au sein du groupe BPCE. « Il n’y a pas de digitalisation sans data, martèle-t-il. Il faut désacraliser l’IA, expliquer ce que l’on peut en faire, très concrètement, comment on peut collecter de la donnée et la fiabiliser afin de créer de la valeur, pour l’entreprise mais aussi pour ses clients. » Dans ce contexte, la question de l’éthique est centrale. « On ne peut pas faire n’importe quoi avec les données de nos clients, insiste Ludovic Favarette. Le facteur confiance est primordial. En matière d’IA, nous devons donc choisir nos batailles, en menant peut-être moins de projets que d’autres secteurs. J’insiste, l’IA ne va pas supprimer tous les boulots de la banque ! Au contraire, elle peut nous aider à être meilleurs, en libérant du temps pour que nos collaborateurs puissent mieux répondre aux demandes des clients. »










