À Toulouse, le Commandement de l’Espace se prépare à contrer des menaces spatiales
Du 4 au 15 mars, le site toulousain du Centre national d’études spatiales (Cnes) accueille la 4e édition de l’exercice militaire AsterX, organisée par le Commandement de l’Espace. Un exercice de simulation auquel participent cette année 140 « joueurs » venus de 15 pays. Dans un environnement faisant intervenir 4 000 objets spatiaux et trente capteurs terrestres de veille, détection et pistage, les équipes affrontent 23 événements spatiaux, faisant face à quatorze types de menaces différentes. « L’espace est plus dangereux qu'hier car il est de plus en plus occupé, explique le Commandant de l’Espace, Philippe Adam. L’an dernier, 2 500 satellites ont été lancés ; et on estime à 10 000 le nombre de satellites actifs actuellement. »
Et d’ajouter : « Ces satellites sont de plus en plus performants et manœuvrants, avec des intentions qui ne sont pas toujours très claires… Certains comportements sont inamicaux. »

Un « laboratoire » unique en Europe
Surnommé le floor, le centre des opérations aménagé dans le cadre de cet exercice rassemble ainsi des « joueurs » dont la mission consiste à répondre à des menaces potentielles – et simulées – dans l’espace. Au menu : des rapprochements hostiles de satellites, le brouillage de signaux de positionnement et même de potentiels désorbitages réalisés à l’aide de bras robotisés. « Dans l’espace, nous ne sommes pas seuls, insiste le colonel Mathieu Bernabé, qui dirige l’exercice. Il peut y avoir de la porosité, des zones grises lorsque se côtoient des satellites militaires, des satellites à la fois civils et militaires et des satellites purement commerciaux. »
Aux côtés des spécialistes français du Commandement de l’Espace, on retrouve derrière les rangées d’ordinateurs des partenaires industriels et institutionnels (Cnes, Onera, Centre d’excellence spatial de l’Otan), mais aussi des représentants des forces armées étrangères (Allemagne, Espagne, Italie, Japon, États-Unis…), avec 27 joueurs étrangers au total. Objectif de cette ouverture internationale ? « Participer à la création d’une culture commune des opérations spatiales », indique Mathieu Bernabé, qui évoque des scénarios « denses mais réalistes » et voit dans cet exercice revendiqué comme étant « unique en Europe » un véritable « laboratoire ».
Le Commandement de l’Espace, qui devrait être « en pleine capacité opérationnelle à horizon 2030 », assure Philippe Adam, regroupe actuellement une centaine de personnes à Toulouse, sur 350 au total. La construction du bâtiment de 11 000 m2 qui abritera à terme ses activités a débuté au sein du centre spatial toulousain. La livraison est prévue en 2025.











