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Haute-Garonne
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Infrastructures / Tourisme - Loisirs
| 2/06/2026

À Toulouse, la future Cité de la natation, fruit de 33 M€ d'investissement, attendue en 2028

© Viguier

Avec un investissement porté à 33,4 M€, les Dauphins du TOEC – le club de natation de la Ville rose – s’apprêtent à lancer sur l’île du Ramier, à Toulouse, une Cité de la natation de 10 000 m2. La livraison de cet équipement, pensé à la fois comme un centre sportif de haut niveau, un espace d’apprentissage et un pôle santé dédié au sport, est prévue à la fin du premier semestre 2028. Porté par le président du club, Vincent Gardeau, le projet, dont le permis de construire a été validé le 19 mai, doit démarrer à l’automne prochain pour accueillir plusieurs bassins, un espace médical, un club house, des espaces événementiels et un bassin nordique extérieur de 50 mètres hérité de la dynamique des Jeux olympiques de Paris 2024.

Installée à la place de l’ancienne halle 7 de la Foire Expo, sur l’île du Ramier, cette future infrastructure doit permettre au club toulousain, fondé en 1908, de répondre à la pénurie de bassins dans la métropole. « En 2019, je m’inquiétais pour l’avenir du club. Les piscines étaient vétustes, souvent fermées pour travaux, et la disparition annoncée du parc des expositions changeait totalement la physionomie du site, explique à La Lettre M Vincent Gardeau. La Ville lançait le Grand Parc Garonne pour verdir l’île et créer davantage d’espaces de loisirs. C’est à ce moment-là que je me suis lancé dans ce projet. »
Le bâtiment, conçu par l’agence d’architecture Viguier, sera construit sur pilotis afin de répondre aux contraintes du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI). « Nous avons dû revoir le projet à cause de l’évolution des coûts et des contraintes liées à la zone inondable. Le premier niveau sera situé à 6,20 m », précise le président. Le coût global est ainsi passé de 26,5 M€ à 33,4 M€.

Une clinique du sport et des espaces événementiels
L’équipement se déploiera sur plusieurs niveaux. Le premier étage accueillera un bassin d’apprentissage de 12 x 15 m ainsi qu’un bassin de 25 m à six couloirs, principalement destinés aux scolaires et à l’apprentissage de la natation. Des espaces de musculation et des vestiaires y seront également aménagés.
Le deuxième étage sera consacré à l’accompagnement de la performance sportive avec un pôle médical spécialisé en médecine du sport. Kinésithérapeutes, ostéopathes, cardiologues, rhumatologues ou encore diététiciens doivent s’y installer. « L’idée est d’accueillir nos nageurs mais aussi d’autres sportifs », souligne Vincent Gardeau. Une clinique exploitera cet espace dans le cadre d’un bail locatif.
Le troisième niveau regroupera les espaces de vie du club : bureaux, salles de formation, club house, restaurant, terrasses et espace événementiel. Enfin, le dernier étage accueillera un bassin nordique extérieur de 50 m et dix couloirs, présenté comme l’un des héritages toulousains des JO de Paris 2024.

Un montage public-privé
Le financement du projet repose sur un montage mixte public-privé. Sur les 33,4 M€, 16,4 M€ sont apportés par les collectivités publiques : 4,4 M€ par l’État et 4 M€ par la Région Occitanie, la Ville de Toulouse et le Département de la Haute-Garonne. Le reste doit être financé par du mécénat privé et de l’emprunt bancaire. « Nous visons 5 M€ de partenaires privés mais nous espérons aller jusqu’à 6 ou 7 M€ pour limiter le recours au crédit », indique le dirigeant, qui précise que deux banques ont déjà été retenues.
La future Cité de la natation bénéficiera de plusieurs sources de revenus. Le club ambitionne de passer de 2 000 adhérents aujourd’hui à 2 500 voire 3 000 grâce à des capacités d’accueil renforcées. « Aujourd’hui, nous refusons du monde faute de place », rappelle Vincent Gardeau. Les scolaires représenteront également une activité importante, avec la location de lignes d’eau pour l’apprentissage de la natation. Deux locataires majeurs contribueront aussi à l’équilibre économique du site : l’opérateur du pôle santé et l’exploitant des espaces événementiels.

« Nous allons devenir un centre d’excellence »
Au-delà du club, les Dauphins du TOEC mettent en avant les bénéfices attendus pour le territoire. En libérant les créneaux actuellement occupés dans plusieurs piscines municipales – Nakache, Bellevue et Léo-Lagrange –, le projet doit permettre à la Ville de Toulouse de redistribuer davantage d’heures aux scolaires, aux autres associations et au grand public. « Cette Cité de la natation servira aux Toulousains. C’est énorme », insiste Vincent Gardeau.
Le président du club estime également que cette infrastructure renforcera l’attractivité sportive de la Ville rose : « Nous allons devenir un centre d’excellence avec des équipements très complets, notamment grâce au pôle médical. Cela attirera des sportifs du monde entier et créera des emplois. » Les Dauphins du TOEC, sacrés pour la 17e année consécutive premier club de France, entendent ainsi consolider leur statut au plus haut niveau tout en élargissant leur mission sociale et éducative.
Le projet s’appuie enfin sur l’effet d’entraînement provoqué par Léon Marchand et les Jeux olympiques de Paris 2024. « Depuis les JO, nous avons beaucoup plus de demandes d’inscription dans les écoles de natation, observe Vincent Gardeau. Les enfants veulent faire pareil. » Une dynamique qui conforte, selon lui, la nécessité d’augmenter les surfaces d’eau dans une métropole toulousaine en forte croissance démographique.

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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