À Toulouse, Continental mise sur la diversification
Le site Continental Automotive de Toulouse, principalement dédié au secteur automobile, souhaite muscler sa stratégie de diversification. Au sein de l’implantation de 1 600 salariés, la structure Continental Engineering Services (CES) se tourne notamment vers l’aéronautique, le ferroviaire, les engins agricoles, les deux-roues, les nouvelles mobilités et la santé. « En utilisant le savoir-faire de Continental dans l'électronique embarqué, nous sommes en mesure de servir de nombreux secteurs », résume Michel Cheny, responsable des ventes, du business et du marketing de CES en France. CES réalise des prestations de développement de produits, mais aussi de production en petites séries pour des acteurs tiers.
Un relais de croissance
Ces activités industrielles, qui interviennent en complément des missions d’ingénierie assurées au bénéfice des autres divisions du groupe, constituent un relais de croissance stratégique pour l’entité de 146 salariés (220 avec les prestataires externes) fondée en 2008 dans l’enceinte du site Continental de la Ville rose. Systèmes d’aide à la conduite, systèmes de freinage, systèmes d’électrification, cybersécurité… : les compétences déployées par les ingénieurs de CES sont multiples. « Agiles, nous sommes capables d’aller très vite », insiste Michel Cheny, qui vante la variété des innovations développées par sa branche. Et de citer des solutions telles que l’Ac2ated Sound System, susceptible de remplacer les haut-parleurs par de petits vibreurs dans les véhicules, l’Acoustic Vehicle Alerting System, avertisseur de véhicules électriques en cours de commercialisation, mais aussi les chargeurs main libre pour véhicules électriques ou même les systèmes de contrôle de l’opacité des vitrages.
Le marché aéronautique dans le viseur
Ses technologies maison, CES entend bien les proposer à des acteurs structurants des marchés de diversification qu’elle convoite. Avec déjà quelques contrats signés : ainsi, pour Liebherr, l’entité a développé un afficheur de données destiné aux grutiers, tandis qu’elle équipe les tracteurs John Deere de caméras, d’antennes intelligentes et d’afficheurs. Dans le ferroviaire, les applications potentielles sont multiples : analyse du comportement des conducteurs de trains ou de tramways, détection de piétons, système d’affichage de données, assombrissement de certaines zones des pare-brise… Côté smart city, CES propose des caméras installées sur les dispositifs d’éclairage public permettant de détecter la présence humaine pour mieux adapter la luminosité. Enfin, dans l’aéronautique, secteur que la société toulousaine regarde avec beaucoup d’attention, « des discussions ont lieu avec des équipementiers et des constructeurs, dans le domaine de l’analyse du comportement et de la vigilance des pilotes, notamment », indique Michel Cheny, qui précise que dans le cadre d’un Poc (proof of concept, c’est-à-dire preuve de concept, NDLR), des équipements imaginés par CES ont d’ores et déjà été testés en conditions réelles sur un vol Toulouse-Bangkok en 2019. « D’autres innovations concernent les moyens d’affichage et de connectivité en cabine, mais aussi l’éclairage et le réglage de l’opacité des hublots, précise le responsable des ventes, du business et du marketing. Sans oublier le sujet des systèmes anti-collision, sur lequel nous travaillons dans le cadre du Corac (Conseil pour la recherche aéronautique civile, NDLR). » Au total, Continental Engineering Services fait travailler 2 200 personnes dans 24 sites positionnés dans 17 pays. L’entité génère 328 M€ de chiffre d’affaires, dont 30 M€ dans son siège français, à Toulouse.

Des moyens de prototypage et de petites séries
Pour Éric Vincelot, responsable de CES France, la grande force du dispositif réside, au-delà du développement de solutions innovantes, dans « l’intégration des moyens de production » via l’entité Continental Electronic manufacturing Services (CEMS), qui fait travailler environ 25 personnes dans le site Continental toulousain. Des salariés qui évoluent dans une unité de 800 m2 incluant à la fois des capacités de prototypage et de production en petites séries (entre 2 000 et 50 000 unités par an). Chiffre d’affaires généré ? 10,5 M€ en 2021. « Avec une croissance d’environ 20 % en 2022 », glisse Éric Vincelot, ce qui porterait le volume d’activités - non encore officiellement communiqué - à environ 12,5 M€. Avant un nouveau bond de 30 % attendu cette année. Certifiée EN 9100 pour le secteur aéronautique et spatial, l’unité de production toulousaine « s’appuie sur le savoir-faire Continental », indique Patrick Valade, qui fait le lien entre les équipes R&D et la fabrication. Pour l’aéronautique, et en particulier le marché des hélicoptères, elle a déjà produit par le passé des cartes électroniques et des systèmes de détection de chocs d’oiseaux.
Un laboratoire également diversifié
Enfin, le dispositif mis en place localement par Continental pour servir les marchés de diversification inclut les laboratoires de qualification pilotés par Pierre Petit. « Nous réalisons à la fois des essais électriques et de compatibilité électromagnétique, des essais environnementaux et des analyses », indique-t-il. Sur une surface de 3 000 m2, 80 personnes réalisent environ 4 000 rapports d’essais chaque année. L’entité toulousaine, qui génère un chiffre d’affaires de 11 M€ (pour un total de 130 M€ dans le monde, avec 900 salariés), s’appuie sur un parc machine d’une valeur totale de 15 M€. « Notre activité diversification, qui représente environ 3 M€ de CA, croît chaque année de 10 à 15 % », assure Pierre Petit, qui revendique une trentaine de clients actifs dont, dans l’aéronautique, Airbus, Thales et Liebherr-Aerospace.










