Surveillance de l’espace : Aldoria et l’Onera déploient un programme de 12 M€
La société toulousaine Aldoria, qui collecte et exploite des données permettant de protéger les actifs dans l’espace, lance aux côtés de l’Onera, organisme étatique de recherche aéronautique et spatiale, le programme Ramses (Réseau avancé multispectral pour la surveillance de l’espace et des satellites). Ce projet chiffré à 12 M€, soutenu par France 2030, vise à développer et à déployer cinq stations multi-télescopes et multispectrales dans le monde. Objectif ? « Renforcer la surveillance de l’espace européenne en détectant, identifiant, caractérisant et localisant l’ensemble des objets spatiaux, actifs comme passifs, afin de préserver la liberté d’accès et d’action de la France et de l’Europe à l’espace. »
Les cinq premières unités Ramses seront exploitées par Aldoria en vue d’industrialiser la technologie mais aussi de structurer l’offre de services. « La livraison de systèmes multi-spectraux aux clients débutera à compter de 2030, après retour d’expérience », précisent les deux parties.
Objectif de souveraineté
Pour Romain Lucken, PDG de la société haut-garonnaise de 50 salariés ayant enregistré 2 M€ de chiffre d’affaires en 2024, ce programme « complète notre réseau existant et fait franchir un cap à la SSA (surveillance de l’espace, NDLR) européenne : plus de revisite, plus de précision, plus de fiabilité et des données maîtrisées en Europe, de bout en bout ». Côté Onera, le directeur de programme Espace, Jean-Marc Charbonnier, estime que ce projet s'inscrit dans la droite ligne des activités de recherche appliquée menées « de longue date sur la surveillance de l'espace dans un objectif de souveraineté, au travers notamment de l'amélioration de performance du système Graves et avec le moyen d'observation optique haute résolution Providence, en cours de développement ». Placé sous la tutelle du ministère des Armées, l’Onera – qui emploie 2 200 personnes, dont environ 400 en Occitanie, au Fauga-Mauzac et à Toulouse – s’appuie sur un budget de 336 M€ (en 2024), dont la moitié provient de contrats commerciaux.
> À lire également :
Aviation décarbonée : lancement de PyCoFiRe, un moyen d'essai « unique au monde » à 14 M€
Liaison optique laser à 38 000 km : depuis Toulouse, l’Onera accomplit « une première mondiale »
Aldoria signe un contrat stratégique avec le ministère des Armées
Aldoria investit de nouveaux locaux à Toulouse et prépare une levée de fonds











