STS Groupe mise sur le marché de la Défense
À Decazeville, STS Groupe, spécialisé dans la conception et la fabrication de pièces en matériaux composites pour l’aéronautique et l’industrie, veut développer son activité Défense. Une diversification jugée nécessaire par la société aveyronnaise, qui souffre de l’instabilité politique. « Nous pouvons être un acteur du réarmement de la France », affirme à La Lettre M Stéphan Mazars, qui dirige cette entreprise de 108 salariés. STS Groupe s’intéresse aussi au marché des drones. « Ce sont des compétences que nous avons déjà en interne, poursuit-il. Nous avons des pistes avec des clients français. » L’entreprise vient par ailleurs de signer un marché sur des pièces composites pour armer les frégates de la Marine.
Chiffré à 1 M€, le programme d’investissement 2026 de la société doit lui permettre de s’équiper afin de réaliser des protections pour des navires de guerre en carbone, un nouveau marché pour le groupe.
La trésorerie du groupe affectée
« L’année 2025 devrait être, dans le meilleur des cas, similaire à 2024, où nous avions atteint 12 M€ de chiffre d’affaires », indique Stéphan Mazars. Pour le dirigeant, le retard de près de 2 M€ par rapport au prévisionnel s’explique par les ruptures de chaîne de production dans l’aéronautique et le ralentissement des programmes, ce qui affecte la trésorerie de la société. « Nous avions aussi prévu d’embaucher, mais nous allons finalement maintenir notre effectif », ajoute le directeur. STS Groupe compte une quinzaine de clients, parmi lesquels Ratier Figeac, Lisi Aerospace, Liebherr-Aerospace et MS Composites.
Innover via les machines spéciales
Outre son activité aéronautique, STS Groupe développe aussi des machines spéciales conçues sur mesure pour les besoins spécifiques d'entreprises industrielles. « Notre premier projet, une machine à aligot pour les brasseries parisiennes, a nécessité cinq ans de R&D », précise le dirigeant. Pour la société aveyronnaise Moulin Calvet, le groupe a par ailleurs automatisé des pétrins afin de pallier le manque de main-d’œuvre dans les boulangeries. « Depuis deux ans, nous travaillons sur un produit propre à destination des restaurants bistronomiques et éventuellement des grandes surfaces, poursuit Stéphan Mazars. Il s’agit d’un sommelier virtuel appelé e-cave qui peut gérer une cave à vin, conseiller les clients et passer les commandes. » Un an de développement est encore nécessaire. « La machine spéciale n’est pas notre cœur de métier mais nous permet d’innover au quotidien, estime le dirigeant. Si on n’innove pas, on recule. »











