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| 28/08/2020

Sophie Garcia (Medef Occitanie) : « Le Gouvernement continue d’aller dans le bon sens »

Emmenée par Sophie Garcia, la délégation de 52 dirigeants d’Occitanie repart avec optimisme de la Rencontre des entreprises de France (Ref), organisée par le Medef mercredi et jeudi à Paris. La présidente du Medef Occitanie se dit « sur la même longueur d’onde » que le Gouvernement, dont plusieurs membres sont venus rassurer le patronat, bousculé par les crises sanitaire et économique. Entretien.

Quels enseignements tirer de cette Ref 2020 ?

J’avais peur de retrouver la morosité ambiante. À mon étonnement, il y a eu une ambiance plutôt positive au sein de la délégation et à travers les discours de Geoffroy Roux de Bézieux, Jean Castex, Bruno Le Maire... Idem pour la conférence privée avec Thierry Marx, personnage inspirant pour nos chefs d’entreprise, qui viennent aussi pour ces moments de convivialité. L’enseignement, c'est qu'on doit vivre avec le virus, la crise est là mais il y a des solutions, de l’État et de nous.

Pas trop déçue par le discours très général du Premier ministre Jean Castex ?

Il n’a pas fait pas de grandes annonces mais a été bienveillant. Le Gouvernement continue d’aller dans le bon sens, on est sur la même longueur d’onde. En témoigne la baisse des impôts de production de 10 Md€, qui était déjà prévue. C'est important pour la confiance. Plusieurs fois par le passé, nous avons été déçus par un changement de décision. Là, le Gouvernement ne remet pas en cause cette mesure fiscale. Cela nous donne de la visibilité. On peut dire la même chose sur la baisse de l’IS, même si ce n’est pas notre combat principal car cela veut dire qu’il y a des bénéfices.

Baisser les impôts, mais jusqu'où ? Ils permettent de soutenir l’économie, financer le chômage partiel…

On pourrait dire que les caisses de l’État sont vides, que ce n’est pas le moment. Ce qui est amusant, c’est que le Medef est moins catégorique que Jean Castex. Il a parlé d’une relance par l’offre. Notre discours - on a reproché à Geoffroy Roux de Bézieux d’être trop keynésien - consiste à dire que cela ne marchera que s’il y a de l’offre et de la demande. Il faut des consommateurs. Et c’est tout le job du Gouvernement.

Des dirigeants du Medef considèrent que le port obligatoire du masque en entreprise risque de retarder le redémarrage de l’économie car les consommateurs, dans ce climat morose, préféreront épargner. Est-ce votre avis ?

Des secteurs vont être plus touchés. Prenons le commerce : des clients seront moins enclins à aller dans les magasins car ils n’ont pas envie de porter en permanence un masque dans les rues de leur ville. Mais le masque en entreprise, qui peut être inconfortable, n’empêche pas de travailler. Donc ce n’est pas un sujet, contrairement, par exemple, à la reprise de la scolarité des enfants. Or, Jean Castex m'a rassurée : la rentrée scolaire est garantie.

Télétravail recommandé, masque obligatoire… Qu’attendez-vous du nouveau protocole en entreprise, qui sera mis en ligne le 31 août ?

N’oublions pas les situations particulières. Dans le bâtiment, 80 % des chantiers se font sur des constructions hors d’eau hors d’air (closes et couvertes, NDLR). Un ouvrier qui travaille seul dans une pièce, doit-il porter un masque ? Dans la restauration, pour ce qu’on appelle la mise en place, le salarié qui porte les tables et les chaises, parfois pendant deux heures, suis-je obligé de lui imposer le masque ?

Quid de la responsabilité du dirigeant ?

Elle est entière. Mais ce n’est pas parce que le ministère du Travail, via Muriel Pénicaud à l’époque et Élisabeth Borne aujourd’hui, dit ou écrit quelque chose, que le juge va lui donner raison.

Quelle doit être la priorité du plan de relance de 100 Md€, qui sera présenté le 3 septembre ?

Je préfère un plan massif général et non pas sectoriel, comme cela a été le cas en France, car il faut une vision interprofessionnelle. Que fait-on des traiteurs et agences de communication qui travaillent principalement avec Airbus ? Certaines entreprises ont vu leur chiffre d'affaires chuter de 90 % et passent sous les radars du plan dédié à l'aéronautique. Et les services transverses, les transporteurs, et les fonctions supports, les experts comptables ?

Propos recueillis par Cyril Peter, envoyé spécial / peter@lalettrem.net
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