Simplification des démarches et éducation à l’international : les pistes des sénateurs pour booster l’export

Les sénateurs André Ferrand (Français établis hors de France, UMP) et Christian Bourquin (RDSE, P.-O.), co-rapporteurs de la mission d’information sur le dispositif public de soutien aux exportations agroalimentaires*, ont préconisé la création d’un guichet unique pour les PME exportatrices et un changement culturel et éducatif radical à l’égard de l’international et de l’économie, jeudi lors d’un point presse à l’Hôtel de Région à Montpellier.
« Le besoin de simplification et de clarification est demandé par toutes les entreprises que nous rencontrons, a constaté André Ferrand. Il faut un guichet unique simple, accessible, clair, évident, pour ceux qui veulent se tourner vers l’international. » À ce jour, les interlocuteurs ne manquent pas en L.-R. : Ubifrance, CCI International, missions des communautés d’agglomération (comme le Mibi, Montpellier Agglomération), maisons de la Région L.-R., Sud de France Développement… Dans la région, ce guichet unique devrait être incarnée par la nouvelle Banque Publique d’Investissement, « en étroite association avec Ubifrance et Sud de France Développement ».
André Ferrand a insisté également, à l’échelle nationale cette fois, sur l’émergence d’une « formation technique et culturelle à l’international », dès le lycée. « Il faut sensibiliser nos jeunes au monde de l’entreprise et à l’international. Comme il y a des cours d’instruction civique, les cours d’instruction économique me semblent indispensables. Je ne parle même pas du niveau d’anglais… »
L’export, vecteur de compétitivité
Christian Bourquin appelle à un renforcement des formations au sein même des entreprises. « Les cadres sont peu formés à l’export et à l’international, qui sont pourtant des éléments clé de la compétitivité. La notion de parcourir le monde n’est pas enseignée. Qui doit diffuser bonnes pratiques ? » L’export est un chemin « long et coûteux », qui ne s’improvise pas, a souligné l’élu. « Les normes changent d’une année à l’autre. Un container reste bloqué à la douane en Chine, parce qu’une TPE n’a pas compris telle ou telle nouvelle norme phytosanitaire. Les conséquences peuvent être très lourdes pour cette TPE. »
Christian Bourquin voit dans l’export une planche de salut pour les TPE/PME, confrontées à l’atonie de leur marché domestique. « Il leur faut davantage de souplesse pour aller à l’international, a-t-il déclaré. L’idée, c’est de pouvoir créer des groupements momentanés d’entreprises à l’export. Parfois, deux entreprises ont intérêt à s’associer pour attaquer un seul marché, à un instant T, et doivent aller très vite. » Il imagine par ailleurs une coordination nationale des acteurs, pour partir à l’international de façon rationnelle. « Prenez la viticulture. Tous les vignobles partent à l’assaut de la Chine. Du coup, Bordeaux, Bourgogne et le L.-R. se font concurrence entre eux. Il serait plus judicieux de s’entendre en se répartissant les marchés en amont. » En L.-R., l’export concerne principalement (43 % des exportations) des produits agroalimentaires : vins, fruits et légumes, céréales.
La mission d’information sénatoriale doit rendre ses conclusions « avant l’été », ont indiqué MM. Bourquin et Ferrand.
* Contenus de la mission :
- modalités et financement des actions entrant dans le champ de compétence des régions.
- synergies à développer avec le niveau d’action national.
- articulation entre l’offre régional et les besoins identifiés à l’international.










