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Languedoc-Roussillon
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Transports - Logistique
| 28/06/2012

Signature du contrat de PPP de la ligne nouvelle Nîmes-Montpellier : 2,28 Md€ investis en L.-R.

Réseau Ferré de France et la société Oc’Via ont signé, jeudi 28 juin, au siège de RFF à Paris, le contrat de partenariat public-privé pour la construction de la première ligne mixte (fret et voyageurs) à grande vitesse de France, sous les applaudissements des partenaires industriels et bancaires. Le contrat court sur 25 ans (5 ans de conception-construction et 20 ans d’entretien-maintenance) et pèse 1,5 Md€. Au total, 2,28 Md€ seront investis en L.-R.
Oc’Via* (dont Bouygues Construction est actionnaire, voir ci-contre), aura en charge la conception, la construction, l’entretien et la maintenance de cette ligne nouvelle de 80 km (60 km entre Manduel, dans le Gard, et Lattes, dans l’Hérault, et 20 km de raccordements). La ligne nouvelle entrera en service fin 2017, en même temps que doit être livrée la nouvelle gare de Montpellier. Jusqu’à octobre 2013, Oc’Via réalisera l’avant-projet détaillé, finaliser les acquisitions foncières, l’enquête loi sur l’eau… Les travaux préparatoires seront lancés fin 2012 et les grands travaux de terrassement au 4e trimestre 2013. Le début des travaux d’équipements ferroviaires est prévu fin 2015.

Trois morceaux pesant 2,28 Md€

Hubert du Mesnil, PDG de RFF, a rappelé les « trois morceaux », pesant 2,28 Md€, de ce projet ferroviaire attendu depuis 20 ans en L.-R. « Le contrat de partenariat signé aujourd’hui représente 1,5 Md€. Deuxième paquet : RFF investit 500 M€ pour la réalisation de quatre raccordements et la modernisation de la ligne existante entre Montpellier et Perpignan. Enfin, deux gares nouvelles (Montpellier Odysseum et Manduel Redessan) représentent 280 M€. »
Clé de répartition du financement : 28 % collectivités territoriales (dont Région L.-R. 20 %, Agglo de Montpellier 4 %, conseil général du Gard 2 %, Agglomération de Nîmes 2 %), 20 % RFF, 49 % Etat, 3 % Union Européenne.
Hubert du Mesnil a par ailleurs rappelé l’enjeu commercial de la ligne nouvelle : « Montpellier va basculer dans les villes à moins de 3 heures de Paris. C’est en-dessous de 3h qu’on prend une large part des parts de marché. » La mise du CNM mettra la capitale régionale à moins d’1h30 de Lyon, moins d’1h10 de Marseille et moins de 4h30 de Lille. L’infrastructure libèrera des sillons sur l’axe existant, ce qui permettra d’augmenter de 30 % la fréquentation des TER.

Du Mesnil rend hommage à Frêche

Hubert du Mesnil, qui a connu Georges Frêche lors des phases de négociation, a rendu hommage à l’ancien président de Région. « Georges Frêche a joué un rôle important dans ce dossier. C’est lui a piloté le dossier politique pour obtenir l’accord et l’adhésion des collectivités locales du L.-R., à un niveau relativement élevé. C’est aussi en déjeunant avec lui que nous avons décidé de greffer le projet de gare nouvelle de Montpellier au CNM, au lieu d’attendre, comme prévu initialement, la réalisation de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan. »

20 % du chantier confié à des PME du L.-R.

Côté chiffres, le projet représente plus d’1 Md€ de retombées économiques pour la région L.-R. Il enlèvera 3 000 poids lourds chaque jour sur l’autoroute A9, engendrera la création de 6 000 emplois par an pendant 5 ans (emplois indirects compris, NDLR). La part d’emploi de personnes connaissant des difficultés d’insertion représentera environ 7 % de l’effectif total. 20 % des travaux seront confiés aux PME et artisans de la région. Vitesse de circulation des trains aptes à la grande vitesse : 300 km/h à terme, 220 km/h à la mise en service.

Recours aux PME locales : Oc’Via « sait faire »

« Nous savons que ce chantier est très attendu localement, a déclaré Thierry Parizot, DG d’Oc’Via. 20 % de recours aux PME locales et des artisans, c’est un ratio qu’on manipule souvent. Pour l’autoroute A 28, en Normandie, les entreprises régionales avaient été associées à hauteur de 50 %. Nous avons déjà approché le Sgar (préfecture de région), les communautés d’agglomération et la FRTP L.-R. Nous avons nos propres outils, comme le "bus de l’emploi". »
145 ouvrages d’art sont prévus, dont 7 viaducs - l’un d’eux, de 600 mètres de long, franchira le Lez et La Lironde, aux côtés d’un ouvrage jumeau réalisé par ASF dans le cadre du déplacement de l’A9. « La ligne nouvelle comprendra un ouvrage d’art tous les 450 mètres », a indiqué Yves Gabriel, PDG de Bouygues Construction.
Faisant allusion à la crise économique et financière, Hubert du Mesnil a conclu dans un sourire : « Profitez bien du moment présent. Le prochain PPP signé à RFF n’est pas pour demain… »

Crédit photo : RFF. A gauche : Yves Gabriel, PDG de Bouygues Construction ; à droite : Hubert du Mesnil, PDG de RFF.

* Voie languedocienne, clin d’œil à la Via Domitia, que le CNM longera sur plusieurs kilomètres. Etaient notamment présents lors de la signature : Hubert du Mesnil, PDG de RFF, Pascal Bidan, directeur du projet CNM à RFF, Yves Gabriel, PDG de Bouygues Construction, Thierry Parizot, DG d’Oc’Via et Benjamin Dubertret, directeur des Fonds d’Epargne à la Caisse des Dépôts.

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