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Haute-Garonne
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Immobilier
| 17/09/2025

Sébastien Matty (GA Smart Building) : « Dépasser les 500 M€ de chiffre d’affaires à horizon 2030 »

© Emmanuel Grimault

Sébastien Matty, président du promoteur et constructeur toulousain GA Smart Building, revient pour La Lettre M sur la récente restructuration du capital de ce groupe de 800 salariés. Une opération qui vise notamment à renforcer son modèle d’actionnariat salarié majoritaire et à accélérer sur sa stratégie de diversification. « Notre plan de croissance s’appuie sur des leviers de développement de nouveaux segments d’activité, indique le dirigeant. Il s’agit du logement, de la rénovation, des marchés publics et de l’immobilier d’entreprise. » À horizon 2030, le groupe spécialiste du hors-site espère ainsi dépasser les 500 M€ de chiffre d’affaires et les 1 000 salariés.

Quel est l’objectif de l'opération de restructuration de votre capital ?
Nous voulons tout d’abord renforcer notre modèle d’actionnariat salarié, en place depuis une vingtaine d’années. En effet, la présence des salariés au capital a progressé, passant de 5 % au début des années 2000 à 60 % en 2017. Nous avons souhaité refaire une opération où les salariés détenaient la majorité du capital. Nous cherchions à atteindre a minima 51 % et finalement, nous avons atteint 60 % du capital détenu par 400 actionnaires individuels. Par ailleurs, le sous-jacent de cette opération est de rendre le profil de notre entreprise attractif pour les investisseurs financiers, puisque nous sommes champions du hors-site, que GA Smart Building est une entreprise à impact et que notre plan de croissance s’appuie sur des leviers de développement de nouveaux segments d’activité initiés précédemment et qui délivreront durant la période de détention du capital. Il s’agit du logement, de la rénovation, des marchés publics et de l’immobilier d’entreprise.

Quelles sont vos ambitions en matière de logement et de rénovation ?
Le logement est un segment sur lequel nous nous sommes positionnés dès 2022 (via la création de la filiale de promotion de logement Rooj, NDLR). Notre équipe a développé de nombreuses opérations à contre-courant de la filière et de l’environnement de ce marché. Nous avons constitué un pipeline de 5 000 logements totalisant 300 000 mau travers de 40 opérations en France, qui sera développé dans les cinq années à venir. Par ailleurs, nous souhaitons accélérer sur le segment de la rénovation et tripler notre chiffre d’affaires en appliquant nos convictions sur le hors-site, un incontournable de nos activités. Nous avons une prise de position plus affirmée en Île-de-France, qui est un marché plus mature que les autres. La rénovation du siège social de 9 200 m2 du Cnes à Paris illustre notre changement de dimension en la matière.

Quid des marchés publics ?
C’est un segment sur lequel nous avions décidé d’être peu présents. Finalement, l’appel d’air du marché public sur le hors-site nous a incité à le considérer et à développer une stratégie ad hoc. Nous avons donc mis en place une équipe pour développer ce marché, à la fois sur des sujets très locaux et sur des projets à l’échelle nationale, à l’instar de celui lancé par l’institution judiciaire pour réaliser des infrastructures pénitentiaires hors site.

Le dernier levier de votre croissance concerne l’immobilier d’entreprise…
C’est une activité historique mais nous avons encore des succès qui portent notre développement. Après la livraison réussie du campus Stellantis à Poissy (78), nous allons démarrer la construction d’un campus tertiaire très significatif en Île-de-France, qui portera notre activité sur les deux années à venir. Nous sommes par ailleurs de retour sur le segment des parcs d’activité, avec plusieurs projets en discussion ou en lancement.

Avec le développement de ces segments d’activité, quel plan de croissance avez-vous établi ?
Actuellement, notre groupe de 800 salariés réalise un chiffre d’affaires de près de 300 M€. Notre objectif est donc de dépasser les 500 M€ de chiffre d’affaires et les 1 000 salariés à horizon 2030, sur la base de développements déjà lancés et qui délivreront dans les années à venir. Je précise par ailleurs que nous avons été accompagnés dans cette opération de restructuration de notre capital par un pool bancaire qui nous offre des moyens complémentaires pour notre développement avec une capacité d’investissement et de financement supérieure à celle que nous avions jusqu’à présent.

Dans un marché de l'immobilier en crise, comment faites-vous pour maintenir le cap ?
Nous sommes portés par la dynamique autour du hors-site. Nous avons fait un choix stratégique assez fort qui nous ouvre aujourd'hui des perspectives intéressantes sur des marchés certes en difficulté mais qui offrent des opportunités. Certes, chaque opération est longue à sortir et sur certains métiers, nous sommes dans des logiques de résilience. Mais notre choix de développer le résidentiel illustre l’ADN d’innovation et de courage dont nous faisons preuve en nous développant à contre-cycle sur un marché difficile. L’année 2024 a été compliquée pour la promotion tertiaire en raison de la hausse des taux, qui a grippé les équations économiques. En revanche, d’autres secteurs ont compensé, comme notre plateforme hors site industrielle qui, au-delà des opérations du groupe, a ouvert ses capacités industrielles aux marchés extérieurs, notamment sur des nouveaux segments comme le génie civil.

Propos recueillis par Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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