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Hérault
| | 19/10/2010

Schneider Electric, Capgemini, Fnac… les salariés du privé dans la rue

Les salariés du secteur privé ont pris part à la manifestation contre le projet de réforme des retraites, mardi 19 octobre après-midi dans les rues de Montpellier (estimation non communiquée à l’heure où nous mettons en ligne).

« On ne veut pas mourir au travail, tout simplement. 60 ans, c’est déjà assez dur pour nous, en tant qu’ouvriers de la métallurgie, a déclaré à La Lettre M Jean-Marc Prieur, délégué syndical CGT à Schneider Electric (ex-Areva, environ 800 salariés dans l’Hérault sur trois sites) à Montpellier. Nous prônons un départ à 55 ans. Cela dit, c’est déjà la réalité dans les faits, avec des mesures d’âge spécifiques ! Et à côté, le gouvernement nous demande de cotiser deux ans de plus. On ne comprend pas. Les patrons ne sont même pas en phase avec le gouvernement ! »
« Il faut déjà maintenir les seniors dans l’emploi, renchérit Bruno Marc, délégué syndical central pour la Fnac (CFTC). Or, aujourd’hui, ils sont poussés vers la sortie. Et on reçoit très peu de CV de seniors. »
Marie-Pierre Broussal, déléguée du personnel (Unsa), cadre à Capgemini (conseil en management et services informatiques, 210 salariés à Pérols), restera mobilisée même si la loi est votée cette semaine au Sénat : « Chez nous, il n’y a pas de seniors. Ils disparaissent via des licenciements ou des départ négociés. Partant de là, repousser l’âge de la retraite, ça veut dire, pour nous, des années de chômage en plus. C’est dur de faire grève dans le privé car c’est très mal vu. Certains ont posé des journées de congés pour venir manifester. On peut espérer que des négociations vont être ouvertes. Il faut rester mobilisés. Ce n’est pas perdu d’avance. Même ceux qui ne peuvent pas venir manifester soutiennent le mouvement majoritairement, on le voit dans les sondages. »

« La charge ne doit pas peser que sur les salariés »
Bruno Marc, délégué syndical central pour la Fnac (CFTC) « combat ce projet de réforme des retraites car il faut diversifier les sources de financement. La charge ne doit pas peser uniquement sur les salariés. On doit pouvoir arriver à des financements sur le capital, les opérations de Bourse, les retraites chapeau… Mais le gouvernement a fait choix de favoriser les grandes sociétés cotées en Bourse. Je pense qu’il ne bougera pas. »
« Le gouvernement essaie de différencier public et privé, regrette pour sa part Bruno Illaire, délégué syndical CGT à Jacques Vabre (torréfaction de café, Lavérune). Mais en fin de compte, les deux systèmes sont pyramidaux. Dans les deux cas, c’est les salariés qui trinquent. Repousser l’âge de départ à la retraite n’est pas une solution. Le problème du financement des retraites, avec cette réforme, reviendra en 2018-2020. Une autre réforme est possible. Les étudiants et lycéens qui manifestent ont vu leurs parents partir dans des charrettes de licenciements. Si on continue à prolonger les gens à 62 ans, les jeunes ne trouveront pas du travail. Les jeunes réfléchissent, il faut arrêter de croire qu’ils sont manipulés. »
Les slogans et banderoles ont ciblé principalement le chef de l’Etat, faisant presque oublier que le ministre en charge de la réforme est Eric Woerth : « 2007-2012, cinq ans de pénibilité, ça suffit », « Sarko t’as pas de peau, Français indignés, Français rassemblés », « Une retraite à 300 euros par mois, ça te dit », « Casse toi povr’con »
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