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| 9/10/2025

Salvador Nuñez (Vinci Autoroutes) : « Nous sommes prêts à lancer les travaux du Contournement ouest de Montpellier »

© Vinci Autoroutes

Directeur opérationnel de Vinci Autoroutes en charge du COM (Contournement ouest de Montpellier), Salvador Nuñez revient pour La Lettre M sur les conclusions de la commission d’enquête publique qui vient d’émettre un avis favorable à cette opération d’aménagement routier et évoque ses prochaines échéances. Entretien exclusif.

Le 3 octobre dernier, la commission d’enquête publique portant sur la demande d’autorisation environnementale du Contournement ouest de Montpellier a émis un avis favorable. Comment réagissez-vous à cette décision ?
Je ne me permettrais pas de commenter les conclusions des commissaires enquêteurs. Je retiens cependant le franc succès de cette enquête en termes de participation. Près des deux tiers des 5 282 personnes qui se sont exprimées dans le cadre de cette procédure se sont prononcées en faveur de ce projet. Une adhésion confirmée par le dernier sondage réalisé par l’Ifop en septembre dernier portant sur la perception des habitants de l’Ouest montpelliérain concernant le projet : 86 % des sondés se disent favorables au COM et neuf personnes sur dix le considèrent comme « utile ».

Comment expliquez-vous ces résultats ?
Nous avons su produire un travail de qualité en appliquant strictement la réglementation en vigueur relative à ce type d’opération. Je pense notamment aux mesures proposées en termes de compensation. Nous avons respecté à la lettre le principe « éviter – réduire – compenser » (ERC, NDLR) afin de limiter l’impact environnemental du projet.    

De quelle façon ?
L’emprise totale du projet s’élève aujourd’hui à 119 hectares, contre les 165 hectares initialement prévus dans le dossier de déclaration d’utilité publique validé en 2021. Cela signifie une diminution de surfaces impactées d’environ 46 hectares par rapport aux premières estimations. Cette évolution illustre notre volonté de limiter l’occupation du sol et de concilier le développement du projet avec la préservation de l’environnement. 

Pouvez-vous préciser ces données ? 
Sur ces 119 ha impactés par le projet, 77 ha sont situés sur des habitats naturels. Les 42 autres hectares sont des zones déjà imperméabilisées par des infrastructures routières existantes, des parkings ou des habitations. Je précise également que ces 77 ha ne seront pas imperméabilisés en totalité. Cette surface inclut également l’ensemble des délaissés, talus et merlons végétalisés, ainsi que des surlargeurs nécessaires pour la réalisation des travaux. Cette somme est donc bien plus large que l’infrastructure en elle-même et couvre donc les impacts indirects du projet. Et au sein de ces mêmes 77 hectares impactés, 8 d’entre eux feront l’objet d’une remise en état avec un objectif écologique de restauration d’un habitat naturel, et 40 hectares seront nouvellement artificialisés, en incluant les bassins d’assainissement et les délaissés végétalisés. Les 29 hectares restants seront des reliquats de terrains ayant servi au chantier de bord d’infrastructure ; ils seront remis en terres et pour certains plantés et remis en état de type espaces verts.

Que cela signifie-t-il en termes d’artificialisation ? 
Considéré comme un “Projet d’envergure nationale et européenne“ (PENE, NDLR), le COM n’est pas concerné par la limitation des surfaces d’artificialisation établie localement : sa surface est décomptée de la surface attribuée aux PENE à l’échelle nationale. Par ailleurs, bien que la compensation de l’artificialisation ne soit pas réglementaire, ASF (filiale de Vinci, maître d’ouvrage du COM, NDLR) prévoit la désartificialisation d’environ quatre hectares de terrains, dont trois hectares au sein de la bande déclarée d’utilité publique du projet, et un hectare sur les parcelles compensatoires.
 

Les opposants au COM pointent les risques liés aux atteintes au milieu naturel. Que leur répondez-vous ?
Certains essaient de nous faire croire que nous réaliserons cette opération sur des parcelles ayant une valeur écologique majeure. Or, ce n’est pas la réalité. Les espaces concernés sont constitués de surfaces dégradées occupées pour certaines par des décharges sauvages. Plus largement, le tracé du COM suit celui d’axes routiers déjà existants. Le projet réutilise des voiries existantes et crée des passages à faune sous des voiries qui n’en sont pas dotées à l’heure actuelle. Seule la vallée de la Mosson est potentiellement concernée par une nouvelle coupure du fait du tracé du projet : son franchissement étant assuré par un viaduc de près de 280 mètres de long évitant le lit mineur de la Mosson, le projet ne crée donc pas de rupture de continuité. Au global, le COM a donc un effet positif sur les continuités écologiques.

Quelles vont être les prochaines échéances ?
Le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch, devrait autoriser le lancement des travaux fin octobre, voire début novembre. De notre côté, nous sommes prêts à démarrer le chantier dès la mi-novembre. Ce dernier débutera avec la préparation du terrain (terrassement, NDLR) en vue de permettre aux archéologues d’effectuer le diagnostic des sols. Cette phase d'études préparatoires devrait être engagée en janvier 2026 et pourrait durer jusqu’au début de 2027, en fonction des résultats des fouilles archéologiques. De fait, le démarrage effectif des travaux est envisagé en 2027, avec une mise en service programmée en 2030.

Propos recueillis par David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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