Salomé Géraud (French Tech Toulouse) : « Nous sommes une capitale de l’innovation »
La nouvelle présidente de la French Tech Toulouse, par ailleurs cofondatrice de la jeune pousse toulousaine Le Drive tout nu, évoque pour La Lettre M les grandes orientations de sa feuille de route stratégique. Entretien exclusif avec Salomé Géraud.
Pourquoi avoir fait le choix de prendre la présidence de le French Tech Toulouse ?
C’est un écosystème que je connais bien, pour être adhérente depuis des années. J’y ai petit à petit noué des relations, développé des échanges avec les pépites toulousaines. J’ai rencontré des personnes qui relèvent des défis proches des miens, avec qui j’ai pu partager des bonnes pratiques. Cela m’a beaucoup nourrie. Chaque année, le board de la French Tech Toulouse se renouvelle en partie. En tant que présidente, mon rôle est d’embarquer un maximum de personnes, de fédérer autour d’un projet, de continuer à faire rayonner l’écosystème. Tout cela m’enthousiasme !
Quel regard, justement, portez-vous sur l’écosystème toulousain ?
Toulouse est une capitale de l’innovation, sous toutes ses formes. On pense souvent, bien entendu, à l’aéronautique, au spatial et aux deeptechs, mais Toulouse, ce n’est pas que cela. Le tissu entrepreneurial du territoire est très varié ; et il est important de mettre en valeur cette diversité. Nous comptons actuellement environ 400 adhérents, dont 300 start-up et scale-up. Mon objectif est de leur proposer les meilleurs services possibles, au travers de nos différents programmes, en nous adaptant aux caractéristiques du territoire.
Quelles seront les grandes orientations de votre feuille de route pour les trois années à venir ?
Nous allons beaucoup travailler sur l’impact, mais aussi sur la place des femmes dans l’innovation et dans la tech. Il doit y avoir davantage de rôles modèles féminins. Par ailleurs, je souhaite que nous puissions mettre en avant la pluralité de l’innovation, car cette dernière peut – aussi – avoir un caractère social.
Aujourd’hui, les start-up rencontrent plus de difficultés qu’hier à se financer. Est-ce une bulle qui a éclaté ?
Je dirais que sur ce plan, nous vivons un phénomène de contraction. Il y a trois ou quatre ans, beaucoup de start-up ont été financées et un certain nombre d’entre elles se sont depuis « crashées ». Depuis 2022, nous ressentons une certaine frilosité. Mais de mon point de vue, cette contraction est saine ; il a fallu remettre des garde-fous, en n'oubliant pas que l’important est d’apporter de la valeur. Il fallait assainir la situation afin que le reste de l’écosystème puisse bénéficier des financements nécessaires. Je ne suis pas inquiète : il y a encore de très belles levées et il y a de l’argent à aller chercher.











