Saga Airbus, épisode 3 : les enjeux de la restructuration en Occitanie
Chaque semaine jusqu’au Salon du Bourget, La Lettre M évoque un pan de la stratégie d’Airbus (134.000 salariés, CA : 67 Md€, siège à Blagnac), le remettant le cas échéant en perspective avec son concurrent direct, l’avionneur américain Boeing, avec le concours de notre envoyé spécial à Seattle, Guillaume Mollaret.
Dans le cadre de la fusion entre l'ex-Airbus Group et sa principale division, dédiée à l’aviation commerciale, Airbus a annoncé fin 2016 un plan de restructuration global baptisé Gemini, prévoyant 1.164 suppressions de postes et 325 transferts. Objectif, selon Tom Enders, président exécutif d’Airbus : « améliorer la productivité » et à « supprimer les duplications ». Interrogé par nos confrères du Figaro le 5/12, le patron du groupe international assure que seront mises en place « toutes les mesures d'accompagnement possibles, notamment de formation, de mobilité et de reclassement internes ». Pour justifier ce plan, il invoque la nécessité « d'accélérer. Nous ne pouvons rester là, immobiles, à se féliciter d'être le leader mondial ». Les réductions d’effectif « porteront essentiellement sur les fonctions support et les fonctions intégrées, ainsi que sur l'organisation CTO (Chief Technology Office) », indique Airbus à La Lettre M. Le groupe précise que « Toulouse sera impacté, mais pas uniquement : les sites de Suresnes, en France, ou d’Ottobrunn, en Allemagne, sont aussi concernés ». En Occitanie, « ce rapprochement permet de finaliser le déménagement à Toulouse du siège de la société, qui était précédemment basé à Paris et Munich. Il sera accompagné du transfert de 325 postes ». Le groupe précise par ailleurs qu’il recrutera en parallèle cette année 3.000 personnes, notamment au sein de sa division Airbus Defence and Space (38.000 salariés dont 3.300 à Toulouse, CA : 13 Md€). Près de 21.000 salariés travaillent directement au sein d’Airbus dans la métropole toulousaine.
Il convient de comparer cette situation à celle de l’Américain Boeing, qui emploie, dans le seul État de Washington, plus de 70.000 salariés (sur 147.000 au total). Le groupe a réduit ses effectifs de 8 % dans l’État l’an dernier. Début mars, les syndicats locaux ont annoncé que 1.880 adhérents de la région de Seattle avaient accepté un départ volontaire. En cause : la vigueur du dollar, qui entrave les exportations.










