Royal Canin réfute avoir « baladé » Orchestra sur un projet de reprise de son entrepôt
« On a beaucoup discuté avec un grand fabriquant de croquettes de la région qui nous a baladés pendant des mois en prétendant pouvoir trouver une solution (pour les salariés de notre entrepôt de Saint-Aunès, NDLR). Cette entreprise prétend aujourd’hui qu’avec le Covid, elle suspend ses projets. Mais elle ne m’a rien écrit, elle n’a même pas eu la décence de me téléphoner. » Ces trois petites phrases lancées par Pierre Mestre, dirigeant-fondateur d’Orchestra, parmi les leaders de la puériculture et de l’habillement pour enfants (siège : Saint-Aunès, 34), lors d’un reportage diffusé jeudi par Complément d’enquête sur France 2, a hérissé le poil des dirigeants de Royal Canin. Sans être directement nommé, « le grand fabriquant de croquettes » installé à Aimargues (30) est tout de même désigné par Pierre Mestre comme une cause à certains de ses maux... alors même que Royal Canin nie avoir eu tout contact direct avec Pierre Mestre.
Appel d'offres
« Nous avons uniquement traité avec des prestataires de service. Nous n’avons baladé personne », affirme-t-on au sein de cette filiale du groupe Mars. « Dans le cadre d'un appel d'offre de services en matière de logistique, Royal Canin a consulté des acteurs de service logistique en région Occitanie. Un cahier des charges leur a été donné en août 2020. Certains partenaires consultés ont interrogé la faisabilité d’opérer sur la plateforme opérée par Orchestra. Chacun d’entre eux a présenté son dossier à notre comité logistique fin d’année 2020 et chacun a reçu la position de Royal Canin en fin d'année 2020. Aucune des propositions faites n'a été retenue », poursuit l’entreprise qui recherche toujours une solution à ses besoins croissants.
Pour comprendre l’affaire, il faut remonter à l’an dernier et la reprise d’Orchestra par son dirigeant devant le tribunal de commerce de Montpellier au travers de la société NewOrch. A l’époque, Pierre Mestre s’engage à trouver une solution pour la reprise de la centaine de salariés de son entrepôt de Saint-Aunès, devenu inadapté au volume d’activité. Plusieurs logisticiens sont sur les rangs mais aucun ne se positionne finalement... contraignant Orchestra, qui ne peut pas faire de plan social, à trouver un autre entrepôt, plus petit, à Lunel Viel (La Lettre M du 23 mars). Depuis plusieurs mois, le site logistique de Saint-Aunès compte 84 salariés, certains d’entre eux ayant démissionné. « Cet entrepôt est bien plus petit que celui occupé jusqu'ici. Et le confort de travail n'est vraiment pas le même ! Ce que l’on comprend, c’est que l’on ne retient personne et que l’entreprise ne veut pas signer de rupture conventionnelle... Le projet reste flou », explique une salariée d’un magasin.










