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Immobilier
| 8/03/2017

Roxim lance un dispositif "satisfait ou remboursé" auprès des primo-accédants

Le promoteur montpelliérain Roxim, dirigé par Marc Pigeon, présente ce 7/3 à Paris (puis ce 8/3 à Montpellier, au Nuage) une formule innovante de Vefa (vente en l'état futur d'achèvement) pour sécuriser les primo-accédants. En cas d’insatisfaction des acheteurs, Roxim leur promet... un remboursement comptant. Cette nouvelle offre « satisfait ou remboursé » a pour objectif de « rassurer les primo-accédants, souvent réticents à l’idée d’acquérir un bien sur plan. On vend à des gens un dessin non contractuel, et des primo-accédants y mettent tous leurs sous », explique Marc Pigeon à La Lettre M. À tout moment avant la remise des clés, l’acheteur peut ainsi exiger d’être remboursé de la totalité de ce qu’il a payé pour l’acquisition du bien, à l’exclusion de tous les autres frais. S’il choisit cette option, il lui restera donc à s’acquitter des frais de notaires. « Mais dans ce cas, nous devrons aussi nous acquitter des nôtres », rappelle Marc Pigeon. Les biens éventuellement rachetés par le promoteur seront soit revendus soit conservés et proposés à la location.

Marc Pigeon rappelle les deux principaux motifs d'inquiétude pour les primo-accédants : « délai de livraison et qualité du bien acquis. C'est ainsi que cette idée m'est venue. Notre entreprise est spécifique, je ne vise pas de gros volumes de production. » Le rachat peut se faire « sans aucune motivation, à partir signature de l'acte, jusqu'à la remise des clés. La seule condition est que l'acquéreur n'ait pas pris possession du bien ». Le constructeur revendique « une approche patrimoniale de l'immobilier, pas industrielle ». La logique, à l'approche des salons de l'immobilier du printemps, est aussi commerciale, les primo-accédants représentant un segment de marché conséquent. « Il y a une vraie appétence pour les jeunes qui veulent accéder à la propriété. Mais les prix de l'immobilier neuf vont deux fois plus vite que l'évolution des revenus des ménages. Pour certains, l'achat d'un appartement est presque plus engageant qu'un mariage ou un CDI. » 

Ce dispositif s’adresse « à des primo-accédants ayant eu recours au PTZ, soit 82 % des Français : employés, ouvriers, catégories intermédiaires, insiste Marc Pigeon. Il s'adresse aux gens qui ne pourraient pas devenir propriétaires, sans aides de l'État. C'est les gens les plus angoissés par leur projet, alors que certains investisseurs ne savent même pas où ils achètent. » La société familiale, pionnière sur ce type d’offre, dit vouloir jouer un « rôle social » en tant que promoteur immobilier. « Un promoteur qui dit jouer un rôle social, je sais que ça fait sourire. Mais moi, ça ne me fait pas sourire. C'est un sujet sérieux. » Celui qui a été deux fois (soit six ans au total) président de la FPI au niveau national, rappelle « le décalage croissant entre les prix de l’immobilier et le pouvoir d’achat des ménages dans leur ensemble ». « Sans compter qu’il existe des freins psychologiques et financiers propres à l’achat sur plan, comme le révèle l'étude commandée à l'Ipsos », renchérit sa fille Anaïs Thourot, directrice générale de Roxim.

Baptisé « Les Grisettes » (40 logements, architecte : Pascal Costamagna, Marseille), le premier programme immobilier à profiter de cette offre est situé à Montpellier. Roxim lancera aussi un immeuble (22 logements) dédié au locatif intermédiaire dans le quartier Aiguelongue à Montpellier (architecte : Roucaute, Montpellier). Pour le dispositif « Satisfait ou remboursé », outre les Grisettes, trois autres opérations suivront hors Occitanie : l’une construite Saint Martin-du-Var (06), et les deux autres à Fréjus (83). « Au total, le concept sera ainsi étendu à 200 logements », indique Marc Pigeon. « Les biens concernés en zone A devraient afficher un prix de sortie compris entre 2.800 et 3.400 € le m² », ajoute Anaïs Thourot. Malgré le risque inhérent à une telle formule, le promoteur parvient à rassurer les banques. « Roxim affiche beaucoup de fonds propres et occupe une bonne place au classement de la Banque de France », estime Marc Pigeon. Il s’appuie également sur un taux de satisfaction de 94 % de ses clients. « C’est également la petite échelle à laquelle nous fonctionnons qui nous permet de proposer cela », ajoute Anaïs Thourot, qui indique vérifier les plans élaborés par les architectes de chaque projet.

L’objectif visé n’est donc pas d’augmenter le volume de commercialisation. « Nous souhaitons conserver un niveau de ventes global de 300 à 400 logements en 2017. On ne lance pas le dispositif pour faire plus de logements. On veut garder la maîtrise de la qualité de notre production, et l'on préfère mettre l'argent dans la qualité que dans le prix des terrains », conclut Marc Pigeon, critique sur une partie de la profession.

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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