Résultats, privatisation, gouvernance… : l’aéroport Toulouse-Blagnac fait le point
Interrogée (le 15/1) à Blagnac par la presse sur les turbulences enregistrées actuellement au sein de la gouvernance de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance, botte en touche. Se tournant vers Jean-Michel Vernhes (67 ans), président du directoire, dont le remplacement surprise doit avoir lieu au 1er semestre, elle ironise : « Les meilleurs choses ont une fin. Jean-Michel, tu as quel âge, déjà ? ». Et d’ajouter : « Le choix d’un nouveau président du directoire sera nécessairement consensuel et se fera de façon aussi transparente que confidentielle. Peut-on comprendre ça ? » Selon nos sources, ce recrutement s'avèrerait compliqué.
Quant à son propre départ, programmé en mai, elle rappelle qu’il est lié à sa nomination comme administratrice indépendante au sein du CA d’Air France-KLM. Sur la possible vente par l’État de ses parts (10,01 % du capital) à l’actionnaire chinois Casil Europe, qui pourrait intervenir à partir du 18/4 pour une durée d’un an, Anne-Marie Idrac ne souhaite pas apporter de commentaire, se contentant d’indiquer que « c’est entre les mains de l’État et de lui seul ». Les actionnaires minoritaires (Région Occitanie, CD31, Toulouse Métropole et CCI de Toulouse), qui détiennent ensemble 40 % du capital, sont vent debout contre ce projet de privatisation, que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des finances, n’exclut pas. Des débats internes qu’Anne-Marie Idrac souhaite minimiser. « Tous les projets de l’aéroport, son business plan et son budget, ont été votés à l’unanimité par les actionnaires, à l’exception d’une délibération », rappelle-t-elle, évoquant un débat lié aux versement de dividendes obtenu par Casil Europe contre l’avis des actionnaires minoritaires. Sur le rôle des actionnaires chinois dans la croissance actuelle d’ATB, la réponse est unanime. Jean-Michel Vernhes, qui évoque avant tout « un travail de longue haleine mené par la direction de l’aéroport », admet que « le fait d’avoir un actionnaire privé » puisse jouer le rôle d’un « accélérateur (d'attractivité) un peu psychologique » pour les compagnies aériennes. Anne-Marie Idrac, elle, précise que « l’arrivée de nos nouveaux actionnaires a apporté de nouvelles idées, une vision différente, et a permis de remodeler notre projet, afin qu’il soit plus ambitieux, plus dynamique ».
L’aéroport Toulouse-Blagnac dresse (le 15/1) un bilan positif de son exercice 2017, avec 9,3 M de passagers enregistrés, ce qui représente une hausse annuelle de 14,6 %. La part du low-cost est passée de 32,2 % à 41 %. Le trafic national progresse de 2,9 %, avec 4,7 M de passagers, tandis que le trafic international régulier bondit de 32,8 %, avec 4,4 M de passagers. Le trafic fret et poste enregistre une hausse de 8,5 %, avec 73.028 tonnes traitées. « Et nous avons opéré cette croissance dans une ambiance de travaux », précise Jean-Michel Vernhes, qui rappelle que 55 M€ sont actuellement engagés au sein de l’aéroport : 25 M€ pour le hall D, 10 M€ pour la jetée du hall A et 20 M€ pour la construction d’un hôtel 4 étoiles. Des projets qui doivent être livrés cette année. Les résultats financiers d’ATB ne sont pas encore communiqués. L’aéroport toulousain vise 10 M de passagers en 2019.
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