Que se passe-t-il (vraiment) à l’aéroport de Toulouse ?
L’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) va-t-il être totalement privatisé ? La question agite les débats, alors que l’État peut céder ses parts restantes (10,01 %) à partir du 18/4/18, pendant un an, à Casil Europe, 1eractionnaire. Décryptage
Que se passe-t-il vraiment à la tête du 1er aéroport d’Occitanie ? Alors qu’ATB multiplie les bons résultats (9,2 M de passagers prévus en 2017 contre 8,08 M en 2016), sa gouvernance est sous tension. Après l’annonce surprise (le 14/9) du départ programmé au 1er semestre 2018 de Jean-Michel Vernhes, président du directoire, c’est au tour d’Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance depuis mai 2015, de préparer son départ, prévu pour mai 2018. Anne-Marie Idrac ayant été récemment nommée administratrice indépendante au sein du CA d’Air France-KLM, « il lui semblait compliqué d’être présente en même temps dans deux entreprises ayant de forts liens commerciaux entre elles », selon une source proche.
Un bouleversement qui intervient dans un contexte délicat pour l’aéroport, qui pourrait être totalement privatisé, si l’État décide de revendre ses parts restantes à Casil Europe, le consortium chinois qui détient depuis 2 ans 49,99 % du capital. Cette privatisation - que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des finances, n’exclut pas – est rejetée en bloc par les actionnaires minoritaires d’ATB : CCI de Toulouse à 25 %, Région, CD 31 et Toulouse Métropole à 5% chacun. Georges Méric (président socialiste du CD 31) suggérant même d’étudier, le cas échéant, « une proposition alternative de reprise des actions de l'État », qui pourrait prendre la forme d’un financement participatif, à moins qu’un autre actionnaire public ne rentre dans le jeu.
Sauf si, comme le veut la rumeur, l’actionnaire chinois décide finalement de se retirer et de revendre ses parts, « qu’ils réalisent avoir achetées trop cher (308 M€, NDLR) », estime une autre source. « Personne n’avait anticipé un tel bourbier, analyse un observateur. Et il sera difficile d’en sortir par le haut car le problème de fond est idéologique : les collectivités actionnaires veulent une qualité de service et Casil de la rentabilité. À Lyon comme à Nice, la privatisation s’est mieux passée car l’État a cédé d’emblée la majorité du capital. »










