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| 24/10/2025

Réseau des CCI menacé par le PLF 2026 : « On ne lâchera rien ! », martèle Jean-François Rezeau

© Alexandre Léoty

Pour Jean-François Rezeau, président de la CCI Occitanie, le projet de loi de finances 2026, qui prévoit une baisse de 14 M€ (sur 42 M€) de la taxe pour frais de chambre versée au réseau consulaire régional, est à la fois « à contresens, anti-économique, injuste et inacceptable ». Et d’argumenter, le 23 octobre à Toulouse : « Depuis dix ans, nous avons déjà contribué à l’effort collectif avec la réduction de 66 % de la taxe affectée. Nous sommes passés de 1 200 à 700 collaborateurs. Avec cette nouvelle réduction de nos ressources, alors que nous n’avons jamais été autant sollicités, nous risquons à nouveau de perdre 200 emplois. Pourtant, quand l’État nous confie 1 €, nous créons 5 € de valeur dans le territoire. »

« Nous sommes des créateurs de valeur »
​À l’occasion de l’événement Occinergies, qui a rassemblé au stade Ernest-Wallon quelque 200 élus, collaborateurs et partenaires des quatorze CCI de la région (la CCI Occitanie et les treize CCI territoriales), Jean-François Rezeau est revenu sur le combat mené par le réseau consulaire afin de voir ses ressources maintenues « dans un contexte marqué par des conflits armés et commerciaux au niveau international et par des crises multiples sur le plan national » qui impactent directement le monde économique. Le président de la CCI Occitanie l’admet, chacun – à son niveau – doit « participer à l’effort collectif » en vue de redresser les finances publiques. Mais face aux menaces qui pèsent sur le modèle économique des chambres de commerce et d’industrie, il met en avant les résultats du réseau régional qui, outre ses 700 salariés, compte 522 élus et 51 mandataires. « Nous performons à la fois en qualité et en impact ; ce n’est pas nous qui le disons mais les entreprises elles-mêmes, argumente-t-il. Avec 42 M€ de taxe pour frais de chambre de commerce et d'industrie (TCCIperçus, l’effet de levier est de cinq. Du fait de notre mission, 210 M€ de valeur sont créés, incluant 168 M€ d’investissement généré et environ 1 000 emplois. Donc notre plan de jeu est le bon. Il faut nous faire confiance car nous sommes des créateurs de valeur. »

« L’effort a déjà été fait »
Dans le cadre du projet de loi de finances 2024 au niveau national, le réseau des CCI s’était engagé à contribuer à l’effort collectif via un prélèvement sur ses fonds de roulement de 100 M€ sur la période 2024-2027 en contrepartie d’une stabilité de ses ressources publiques. La nouvelle baisse de dotations envisagée dans le cadre du PLF 2026 est par conséquent vécue comme un coup dur. « Nous considérons que l’effort a déjà été fait, insiste Jean-François Rezeau auprès de La Lettre MOn nous enlève des ressources tout en nous confiant toujours plus de missions. Alors que les défaillances se multiplient, les entreprises n’ont jamais autant eu besoin d’être accompagnées. »

Une ligne rouge : le maillage territorial
Considérant les efforts à consentir en vue de mutualiser des ressources et de générer des synergies dans le champ de l’accompagnement des entreprises, Jean-François Rezeau joue la carte du pragmatisme. « Il est important d’entamer une réflexion globale entre acteurs », estime-t-il, ne s'interdisant pas d'évoquer le sujet du rapprochement avec le réseau de chambres de métiers et de l’artisanat, mais aussi les synergies à imaginer avec des structures telles que l’agence régionale de développement économique Ad’Occ et Bpifrance. Mais s’il est partisan des « mutualisations » et des « optimisations de charges », l’élu consulaire pose sa « ligne rouge » : « Il y a un sujet sur lequel je demeurerai inflexible : c’est par les départements que tout doit passer. Notre force, c’est le maillage territorial, la proximité avec les entreprises. »
Et Jean-François Rezeau de conclure : « Les CCI travaillent sur le développement d’autres ressources que la TCCI, qui représente actuellement la moitié de nos recettes. Notre modèle est amené à se transformer. Mais pour cela, il nous faut du temps. Dans cette période de grande incertitude, tout comme nos entreprises ressortissantes, nous demandons à l’État de la vision, de la stabilité. Avec des règles du jeu qui changent en permanence, il est difficile de s’adapter. Aujourd’hui, le combat continue et on ne lâchera rien ! »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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