Ratier-Figeac maintient ses lourds investissements et relocalise
Malgré la crise qui impacte directement son activité, le site industriel lotois Ratier-Figeac, chapeauté par l’entité Propeller Systems du groupe Collins Aerospace, poursuit ses investissements dans le cadre du développement de son centre d'excellence dédié aux hélices d'avions. « Notre plan de 32 M€ sur cinq ans est maintenu, même s'il y aura peut-être quelques ajustements en termes de calendrier », confie à La Lettre M Jean-François Chanut, DG. La construction d'un bâtiment de 2 300 m2 est d'ores et déjà terminée. « Nous allons y faire travailler des ingénieurs, qui développeront et qualifieront de nouveaux produits, de nouvelles technologies, dans le cadre du mouvement de décarbonation de l'aéronautique », indique le dirigeant.
Objectif : réinternalisation
En parallèle, le site lotois vient d'obtenir une enveloppe de 1,5 M€ de France Relance pour son projet – d'une ampleur de 6 M€ au total – de modernisation et de réinternalisation productive. « Il s'agit de l'installation de nouvelles machines nous permettant de réaliser en interne des pièces qui étaient auparavant achetées à l'étranger, hors d'Europe, explique Jean-François Chanut. Nous allons ainsi gagner en maîtrise industrielle et intégrer une activité offrant des performances économiques solides. » A l'avenir, d'autres activités pourraient être relocalisées.
Une baisse d'activité de 25 % en 2020
« Comme l'ensemble du secteur aéronautique, nous avons été frappés de plein fouet par la crise, explique Jean-François Chanut. Mais nous avons pu compter sur ce qui fait l'une des particularités de notre activité : un relatif équilibre entre le civil et le militaire. Cela nous a aidé à traverser cette épreuve. » Au global, Ratier Figeac a enregistré l'an dernier une baisse d'activité de l'ordre de 25 %, portant son chiffre d'affaires à 230 M€.
Son effectif, lui, est passé de 1 300 à 1 200 salariés, sans PSE. « Nous avons mis fin au recours à des intérimaires et n'avons pas renouvellé des CDD, explique le dirigeant. Par ailleurs, quelques départs n'ont pas été remplacés. » Ratier-Figeac n'a pas fait appel aux Prêts garantis par l'État (PGE). « Cette année, notre niveau d'activité devrait remonter d'environ 10 %, estime Jean-François Chanut. Pour la suite, tout dépendra bien entendu de la reprise du trafic aérien et de l'activité industrielle. » Le capitaine d'industrie est néanmoins confiant : « Depuis quelques semaines, nous voyons que les perspectives de nos clients se stabilisent. Il y a moins d'incertitude et davantage de visibilité. »










