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Région Occitanie
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Aéronautique et spatial / Finances
| 4/07/2023

Raphaël Petit (Oaklins) : « De plus en plus d’acquisitions dans l'aéronautique, car la visibilité est revenue »

© Oaklins France

Raphaël Petit, managing partner d’Oaklins France, banque d’affaires spécialisée dans l’accompagnement des PME et ETI dans leur processus de fusion-acquisition et de levée de fonds, fait le point pour La Lettre M sur les opérations en cours dans le secteur aéronautique et spatial régional.

Vous avez tout récemment accompagné la reprise de la société gersoise Equip'Aero, spécialisée dans la fabrication et la maintenance d'équipements moteur, par le groupe Domusa (93), acteur des équipements embarqués pour l'aéronautique et la Défense. Comment s’est déroulée cette opération ?
Le dirigeant de Domusa, Michaël Arnac, a longtemps présidé Equip’Aero. Il avait par conséquent en tête ce rapprochement depuis un moment. Il fallait que le timing soit propice. La société devait financer sa croissance. Il lui fallait repartir fortement et pour cela, elle avait besoin de capitaux. Cela a fini par déclencher le passage de relais.

En parallèle, vous avez accompagné Domusa dans l’organisation d’un tour de table auprès du fonds majoritaire Galiena, complété par le fonds Irdi Impulsion (Irdi Capital Investissement)…
Tout à fait, il a fallu s’occuper des deux dossiers simultanément. L’opération a pris une petite année, ce qui est délai assez classique. Domusa franchit ici une étape de son développement, en passant de 20 à 30 M€ de chiffre d’affaires. Et l’entreprise, dont le barycentre s'est clairement déplacé vers Toulouse, ne s’arrêtera pas là. D’autres sujets de croissance externe sont actuellement à l’étude, plutôt dans le sud de la France.

Quel regard portez-vous sur les différentes mécaniques de consolidation à l’œuvre dans l’aéronautique, le spatial et la Défense en Occitanie ?
Ces trois secteurs sont actuellement très actifs, mais pour des raisons différentes. Dans la Défense, c’est sans surprise le contexte géopolitique qui alimente la dynamique. Dans le spatial, jusque-là réservé globalement aux fonds publics et parapublics, nous voyons enfin arriver les capitaux privés. Avec le NewSpace et le développement des nanosatellites, la filière devient une industrie de volumes. Nous voyons les projets se multiplier, avec d’importantes levées de fonds à la clé. Enfin, côté aéronautique civile, je vois deux profils se dessiner. D’une part, il y a des entreprises - comme Equip’Aero - qui sortent de la crise avec la nécessité de s’adosser. Et d’autre part, certains - comme Domusa – sont en forme et en profitent pour consolider. Avec, au milieu de tout cela, Tikehau Capital, qui est devenu l’instrument financier principal de la consolidation de la supply chain (chaîne de sous-traitance partenariale, NDLR) et permet de sauver les champions affaiblis que la filière ne peut pas se permettre de perdre. Dans l’aéronautique, il va y avoir de plus en plus d’acquisitions, car la visibilité est revenue.

Vous venez d’être nommé managing partner d’Oaklins France. Vous étiez jusque-là partner, en charge de l'antenne toulousaine. Qu’est-ce que ça change concrètement ?
Je suis entré au capital d’Oaklins France et c’est pour moi un changement de périmètre. Même si je reste basé à Toulouse, où je demeure concentré notamment sur les dossiers liés à l’aéronautique, au spatial et à la Défense, mes responsabilités s’étendent désormais à l’ensemble de nos bureaux, y compris à Paris et Lyon.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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