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Hérault
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Agri - Agro
| 7/01/2019

Projet de truffière dans le secteur du Pic Saint-Loup

Les associations France Nature Environnement LR et Action Nature et Territoires en LR, en collaboration avec le Collectif local d’actions citoyennes, se mobilisent contre un projet de plantation d’une truffière sur le domaine des Jasses (371 hectares) à Ferrières-les-Verreries, au Nord de Montpellier. Ce projet est porté par Truffle Farms Ltd (dirigeant : Martin Waddell), société dont le siège est à Edimbourg en Écosse. « Truffle Farms dispose pour l’instant d’une autorisation d’exploitation sur 33 hectares délivrée par la Direction départementale des territoires et de la mer de l’Hérault, indique Simon Popy, président régional de FNE LR. Pourtant, le propriétaire explique dans des documents - qu’il a retirés depuis de son site internet - qu’il dispose de 60 000 pieds truffiers, ce qui équivaut à plus de 100 hectares. » D’où les inquiétudes environnementales notamment, comme celle de la gestion de l’eau et la transformation de la garrigue en terre à arbres truffiers. D'autant que les prévisions de rendement annoncées par Truffle farms sont jugées, par les associations environnementales, irréalistes : « Truffle Farms annonce un prix à l’hectare planté de 500 arbres truffiers à 160 000 $ avec un retour sur investissement de 1 M€ sur 15 ans et une production, à partir de 12 ans, d’un potentiel de 260 kg de truffes par an et par hectare, poursuit Simon Popy. Il semble que Martin Waddell, le propriétaire, s’appuie sur des modèles de trufficulture espagnole et australienne mais ici les conditions agronomiques ne sont pas du tout les mêmes. » A ce jour, près de 4 500 signatures ont été récoltées pour une pétition mise en ligne le 16 décembre et une lettre ouverte a été envoyée à Truffle Farms, sans réponse à ce jour.

Anticipation
Un temps partie prenante au dossier, Christian Brun, au nom de la Safer (société d'aménagement foncier et d'établissement rural) dans l’Hérault, rappelle qu’au moment de la mise en vente du domaine « divers projets, d’élevage notamment, ont été travaillés mais n’ont pu aboutir faute de financement. » Selon lui, « les collectifs se mobilisent un peu tard. Ils auraient pu se rapprocher du conseil départemental pour trouver des solutions. Quand 371 hectares sont à vendre, cela se sait forcément. Le CD 34 a d’ailleurs préempté de son côté une centaine d’hectares. » A l'avenir, Christian Brun insiste sur « l’importance d’anticiper sur ce genre de cession. Les mieux placés pour sensibiliser sont les élus locaux », rappelant que « la Safer n’a pas la possibilité de préempter partiellement et que l’intérêt du vendeur est de vendre d’un seul bloc. La Safer n’a que deux mois pour intervenir en préemption, c’est très court pour monter un projet viable ».

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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