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Gard
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Aménagement - Urbanisme
| 28/02/2012

PPRI de Nîmes : 11 % des zones urbanisées inconstructibles

Le préfet du Gard, Hugues Bousiges, a signé cet après-midi l’arrêté préfectoral d’approbation du Plan de prévention du risque inondation (PPRI) de Nîmes, qui rend 11 % des zones urbanisées de la ville totalement inconstructibles. 57 % sont en zone non inondables, non soumises aux contraintes du PPRI, 27 %, soumises à un risque « modéré » ou « résiduel » sont en zone « constructible avec calage », et 5 % « constructibles jusqu’à un niveau R+3 ». Il s’agit, selon Jean-Pierre Segonds, directeur de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) du Gard, d’un « prototype pour les PPRI », cette disposition n’existant jusqu’ici dans aucun plan de prévention du risque inondation en France. « Nous avons fait de la dentelle fine », a expliqué Hugues Bousiges à la presse, avant de signer l’arrêté, qui prévoit 22 zones différentes, en prenant en compte quatre niveaux d’aléas (de résiduel à très faible) et six zones à enjeux (centre historique, centre urbain, bande TCSP, zone non urbaine…). Jean-Pierre Segonds souligne que le PPRI, qui s’impose à tous les autres documents en matière d’urbanisme, rend « désormais impossible l’urbanisation au sud de l’autoroute A9. Le développement urbanistique de la ville doit se faire ailleurs, à l’ouest ou au nord ».

Mas Lombard : 20 ha constructibles
Le préfet du Gard a choisi de ne pas tenir compte des observations émises par les commissaires enquêteurs (qui ont émis un avis globalement favorable), concernant la zone du Mas Lombard, au sud de la ville, le long de la route de Beaucaire, près du supermarché Leclerc. « Les travaux en cours sur le Valladas (un cours d’eau, NDLR) exondent une partie de la zone », estime Jean-Emmanuel Bouchut, chef de service à la DDTM. « Le PPRI autorise donc l’extension de l’urbanisation dans les zones hors d’eau », qui représentent une vingtaine d’hectares sur les 100 ha initialement concernés. La zone d’activités du Mas de Vignolles pourra également être menée à son terme. « Le PPRI sert à ne pas faire un autre Mas de Vignolles », estime le préfet. « Mais pour la zone d’activités, c’est trop tard. Il fallait faire un PPR au moment de la signature de la Zac ». Les futurs magasins prévus sur cette zone (transfert de Décathlon, de Crozatier, implantation d’Atlas…), pourront donc être construits, en respectant des règles strictes en matière de calage. « Dans d’autres cas, comme à Alès, nous avons stoppé des projets de Zac », rappelle Jean-Pierre Segonds. « Ici, nous avons considéré que la zone pouvait être menée à son terme ». Il a également précisé que la zone Hoche-Sernam, à l’Est, soumise à un risque fort d’inondation, pourrait être réalisée « parce que le promoteur a conçu un projet qui intègre totalement la problématique inondation ».
1988 : 9 morts, 610 M€ de dégâts
La signature de l’arrêté de PPRI « clôt 24 ans d’absence de réglementation précise » à Nîmes, a rappelé le préfet du Gard. Il a salué « la détermination » du sénateur-maire UMP de Nîmes, Jean-Paul Fournier, qui a lancé, avec le soutien financier de l’Etat, d’important travaux de prévention des inondations, pour un investissement total de 124 M€. Nîmes a été le théâtre, en 1988, de graves inondations, qui avaient fait neuf morts. Jean-Emmanuel Bouchut a rappelé que la Ville de Nîmes avait « continué, après 1988, d’investir les zones inondables. En 1988, la crue avait fait 610 M€ de dégâts. Aujourd’hui, ce serait un milliard d’euros ».
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