Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault, égrène les sujets locaux
Ce vendredi 3 juin dans l'après-midi, est signé le volet Métropole de Montpellier du Contrat de plan État-Région (CPER), entre Pascal Mailhos, préfet de Région, Carole Delga, présidente de la Région LRMP et Philippe Saurel, président de la Métropole de Montpellier, annonce Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault lors d’un déjeuner organisé, ce 1/6 pour la presse locale pour évoquer les sujets locaux à l’issue de ses cinq mois de présence sur le territoire où il a déjà rencontré nombre de collectivités et d’entreprises.
Transfert de compétences Département/Métropole. Le transfert de compétences du Département vers la Métropole de Montpellier, voulu par la loi NoTRE, conduit à un désaccord entre les deux présidents notamment sur la question de la culture (Domaine d’O en particulier qui a une couverture départementale selon Kléber Mesquida, président du conseil départemental NDLR). Selon le préfet, « si les deux présidents ne trouvent pas d’accord au 31 décembre, je serai contraint d’écrire aux deux présidents afin de leur demander une dernière fois s’il y a la possibilité de trouver un accord. Ils ont 4 mois pour répondre. Sans issue, le bloc de compétences sera totalement transféré à la Métropole sauf les collèges. » Pour l’heure, il y a un accord sur le fonds d’action jeunes, le Fonds social logement, l’action sociale et la voirie. « Nous sommes dans une phase d’observation attentive jusqu’au 31 décembre. Le rôle du préfet étant d’être un médiateur et de maintenir la neutralité de l’État. Nous nous appuyons sur la DRAC pour discuter avec les parties », souligne le préfet, pour qui la priorité des priorités est le CPER.
Boulevard urbain. Le chantier de doublement de l’A9, en cours de réalisation, génèrera la transformation de l'A9 actuelle en boulevard urbain. Une question se pose sur la gestion de cet équipement à la livraison de l’A9 dans sa nouvelle configuration. « En l’absence de décision de la part du Département ou de la Métropole, c’est ASF qui devrait continuer à assurer l’entretien de cette portion de l’autoroute, indique le préfet. La logique voudrait que l’on rentre dans une logique de boulevard urbain. Pour l’heure la Métropole de Montpellier n’a pas exprimé ce souhait. » Toutefois, un nouveau traité de concession est en gestation pour la période au-delà de 2017, où « cette question pourrait être évoquée avec l’État », concède le préfet.
Intercommunalités. La commission départementale de coopération intercommunale a validé en mars dernier un nouveau schéma des intercommunalités (adopté le 14/3) se traduisant notamment par à la fusion entre la CC Nord Bassin de Thau et Thau Agglomération. Toutefois, le président de l’agglomération du Pays de l’Or aspire à rejoindre la CC Terre de Camargue. « Il peut regarder vers le Grau-du-Roi et Aigues-Mortes, mais cela n’est ni dans les orientations ni dans les préconisations du dernier schéma », rétorque le préfet saluant le travail réalisé par son prédécesseur. Selon lui, « il faut des réflexions tournées vers l’aménagement des territoires comme imaginer une intercommunalité de Sommières à la mer en passant par la CC du Pays de Lunel qui avoisine les 50.000 habitants. Il faut aussi structurer les intercommunalités entre Montpellier et Nîmes. Les communes de Mauguio, Saint-Aunès et Palavas ont vocation à rejoindre la Métropole mais cela ne se fait pas en raison de blocages politiques. Mais un jour cela se fera ! »
Raid. Une équipe du Raid (25 membres) est annoncé à Montpellier afin d’assurer un maillage territorial entre Marseille, Toulouse et Montpellier. « On travaille sur les aspects immobiliers avec deux options possibles au commissariat de Montpellier ou au CRS 56, une étude des coûts est en cours », précise le préfet rappelant que l’opérationnalité de cette implantation est prévue pour la fin de l’année.
Aéroport. Alors que se tient le conseil de surveillance de l’aéroport Montpellier Méditerranée se tient le 13/6, Pierre Pouëssel indique « qu’une modification des parts de l’État (60 %, NDLR) dans la société aéroportuaire de Montpellier Méditerranée n’est pas à l’ordre du jour », même si c’est une demande de la société aéroportuaire qui vise les 2,5 M passagers à l’horizon 2020. Pour le représentant de l’État, le vrai sujet concerne la concurrence avec l’aéroport de Marseille et l’avenir de l’aéroport de Nîmes. « Si Toulouse et Montpellier ne sont pas en concurrence, il faut raisonner en termes d' aménagement du territoire. Il faut continuer à discuter avec les collectivités Ville et Agglomération de Nîmes pour d’autres projets orientés vers le fret afin que Nîmes préserve l’intérêt économique de sa plateforme aéroportuaire », commente le préfet.
Économie numérique. Surpris par l’écosystème montpelliérain dans le domaine du numérique notamment, le préfet constate par ailleurs « une vraie vision sur les incubateurs d’entreprises, tel Cap Omega. » Il rappelle le projet d’Hôtel Numérique, un écosystème favorable à l’essor de start-up dans le domaine du numérique qui bénéficiera d’aides publiques de l’État. « Montpellier a intérêt à jouer la carte du numérique d’autant que 70% des créations d’emploi dans ce secteur sont des CDI.» Il confirme que la situation de l’emploi s’améliore. « Plus de 9.400 aides à l’embauches ont été accordées depuis janvier, plaçant l’Hérault au premier rang des départements de la région LRMP, et au 5e rang au national devançant la Haute-Garonne, d’un millier d’aides accordées aux entreprises. Preuve que la création d’emploi s’accélère », assure le préfet, annonçant les statistiques tombées hier.










