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Immobilier
| 3/03/2025

Pierre Martin (FFB Gard) : « L’assouplissement du PTZ ne sera pas suffisant pour répondre à la crise du logement »

© FFB Gard

Dans un contexte marqué par un effondrement de la production de logements neufs, l'adoption du budget 2025 s’accompagne de mesures concrètes pour les professionnels de la construction. Des avancées saluées par le président de la FFB (Fédération française du bâtiment) du Gard.

Après l’adoption de la nouvelle loi de finances, qui prévoit notamment un élargissement du prêt à taux zéro (PTZ), avez-vous le sentiment d’avoir enfin été entendu ? 
En effet c’est une avancée obtenue après un long combat. C’est une bonne chose que nos propositions aient été entendues et intégrées au projet de loi finances, avec un PTZ élargit à tout le territoire et à tous types de logements. Ce dispositif fonctionne et ne constitue pas un poste de dépenses mais représente un réel potentiel d’activités économiques. Même si cette mesure ne sera pas suffisante pour répondre à la crise que traverse actuellement le logement, cela reste une bonne nouvelle et il faut s’en satisfaire. 

Du côté de l’activité des constructeurs, l’adoption de la loi de finances produit-elle déjà ses premiers effets en termes d’activités
Non concernant un potentiel impact concernant cette annonce. Il est encore trop tôt. En revanche, les ménages vont pouvoir réemprunter, ce qui ouvre de nouvelles perspectives. Cette mesure ne produira ses effets qu’en fin d’année, voire en 2026. Le délai d’instruction des demandes de prêts des acquéreurs peut prendre plusieurs mois. Et comme ce système est nouveau, il faut en définir les modalités… Concernant les constructeurs, si l’on ne se base que sur l’augmentation du nombre de permis de construire, cela ne reflètera pas forcément une hausse de l’activité. Il faut que les chantiers soient lancés. Si certains professionnels ont déjà signé des contrats de construction de maisons individuelles, c’est avant tout lié à la baisse des taux. Or, compte tenu des besoins du secteur, nous sommes largement en deçà des niveaux d’activité que nous avons connu par le passé.  

En plus du PTZ, plusieurs mesures sont de nature à relancer les marchés… Prime rénovation revalorisée, défiscalisation des donations et successions en faveur de l’achat d’une résidence principale jusqu’à fin 2026, allégement du rabotage de la RLS en contrepartie de la construction de logements sociaux… Qu’en pensez-vous ? 
En effet, la prime rénovation a été rétablie dans sa configuration de 2023. Mais il existe une telle incertitude chez les ménages, que même avec des dispositifs d’incitation à la rénovation, les investissements et dépenses envisagés sont souvent reportés. La santé du bâtiment est un bon indicateur de la confiance des acquéreurs. Après un ralentissement de l’activité rénovation en 2024, celle-ci est redynamisée. Dans le Gard, elle représente la part la plus importante pour le secteur. En parallèle, le plafonnement de la limitation des loyers contraint les bailleurs sociaux à les diminuer. Le coût de leur endettement augmente donc très vite. Malgré ces difficultés, les acteurs gardois du logement social ont continué à soutenir l’activité en puisant dans leurs fonds propres. De fait, leur marge de manœuvre est aujourd’hui réduite pour produire et répondre aux besoins. En résumé, la demande est là. Il ne manque plus que les logements…

En tant que porte-parole du secteur, vous préciser vouloir rester vigilant. Quelles sont vos attentes pour 2025 ? 
Il faut tout d’abord accélérer la mise en œuvre de ces mesures en publiant les décrets d’application de la loi de finances pour accélérer la reprise. Autre point essentiel, le zéro artificialisation nette (Zan) qui constitue un frein à l’activité doit être décliné et analysé par territoire afin de tenir compte des spécificités locales. La discussion va s’engager à ce sujet et nos élus et députés ont été sensibilisés sur ce sujet… Nous devons être en veille juridique permanente. L’adoption de nouvelles lois vient sabrer un secteur de l’économie du bâtiment avant que le gouvernement ne prenne d'autres décisions en parallèle sans concertation préalable. Cela a par exemple été le cas pour les conditions de revente qui ont été complexifiées. 

Gaëlle Ohan-Tchelebian / redaction.montpellier@lalettrem.net
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