Philippe Robardey : « Les Chinois n’ont jamais géré l’aéroport de Toulouse ! »
À l’occasion de ses traditionnels vœux à la presse, le président de la CCI de Toulouse, Philippe Robardey, a évoqué le 17 janvier la situation actuelle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), dont l’établissement consulaire est actionnaire à hauteur de 25 %. Une plateforme aéroportuaire dont le groupe Eiffage vient de racheter 49,99 % des parts au consortium chinois Casil Europe, après des mois d’incertitudes et de turbulences relationnelles entre ce dernier et les actionnaires locaux (CCI de Toulouse, Région, Département et Toulouse Métropole). « Soyons clairs : les Chinois n’ont jamais géré l’aéroport de Toulouse ! martèle Philippe Robardey. Ils ont mis la pression sur les personnes qui gèrent l’aéroport et ont utilisé la gouvernance pour tenter de s’immiscer dans la gestion, ce qui est tout à fait différent. » De la sorte, l’élu consulaire ne voit objectivement « pas de lien de cause à effet entre l’action des Chinois et la performance de la plateforme ». Qu’en sera-t-il du futur positionnement d’Eiffage ? Pour Philippe Robardey, la prudence est de mise. « Ils connaissent nos positions, attendons de connaître leurs intentions », insiste-t-il, avant de glisser : « Ce groupe compte plusieurs milliers de salariés en Occitanie. Ils ont des liens forts avec le territoire ». Le président de la CCI toulousaine estime qu’une assemblée générale pourrait être organisée d’ici à la fin janvier.
Autre dossier d’actualité pour la CCI toulousaine : le développement de Toulouse Business School (TBS). Outre la création programmée d’un campus à Barcelone, l’école de commerce prépare son futur déménagement dans un nouveau site, à Compans Caffarelli (Toulouse). Un investissement de 100 M€. « Nous devrions investir nos nouveaux locaux à la rentrée 2023, anticipe Philippe Robardey. L’architecte – le Portugais Francisco Aires Mateus – a été choisi et, tout en réalisant quelques ajustements liés à des itérations budgétaires, nous préparons le dossier de permis de construire. »
Par ailleurs, dans un contexte contraint d’un point de vue budgétaire, lié principalement aux baisses de recettes fiscales affectées aux établissements consulaires, le président de la CCI de Toulouse tire lui aussi la sonnette d’alarme, quelques jours après Alain Di Crescenzo, son homologue de la CCI Occitanie. « Nos ressources financières se contractent de façon très importante, explique-t-il. En 2012, les recettes fiscales représentaient pour nous environ 14 M€. L’an dernier, c’était 8,2 M€. En 2022, ce sera 2,7 M€. Alors dans ces conditions, ne rêvons pas, nous allons forcément réduire l’accompagnement aux entreprises. » En 2019, la CCI de Toulouse, qui planche sur un développement de son offre de prestations payantes et mise sur une optimisation de ses charges, a accompagné 3 735 entreprises et 1 520 porteurs de projets. « Une baisse de 10 % par rapport à l’année précédente », déplore Philippe Robardey.










