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Région Occitanie
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| 13/01/2020

Crise des CCI, aéroport de Toulouse, LGV, mouvements sociaux… : les coups de gueule d'Alain Di Crescenzo

C’est à un exercice des vœux à la presse particulièrement incisif que s’est livré le 13 janvier Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, à Blagnac (31). Morceaux choisis.

La crise des CCI. Pour Alain Di Crescenzo, 2019 aura été « une année de choc » pour les CCI françaises. « Nous nous sommes fait secouer les plumes de façon assez sévère par le gouvernement, résume l’élu consulaire. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé pour les CCI une trajectoire à trois ans qui va nous faire beaucoup de mal. En Occitanie, nos ressources passeraient ainsi, entre 2012 et 2022, de 117 M€ à 28,5 M€. Ce n’est pas soutenable. Cela nous met à genoux ! Rayer de la carte un établissement public qui coûte aussi peu d’argent et génère autant de retombées est anti-économique. » Pour faire face à ces nouvelles contraintes, la CCI Occitanie entend muscler son offre de prestations tarifées et revoir ainsi l’ensemble de son modèle. « Mais nous ne devons évidemment pas être en compétition avec les entreprises, précise Alain Di Crescenzo. Nous devons par conséquent nous positionner sur les trous qui existent dans la raquette. »

L’économie d’Occitanie. Dans un contexte international bousculé, la région tire son épingle du jeu. « Depuis cinq ans, l’emploi salarié a enregistré 8,4 % de croissance en Occitanie : ce territoire envoie du bois ! », commente Alain Di Crescenzo, évoquant des prévisions de croissance pour 2020 dans l’ensemble des secteurs d’activités, mais aussi les performances du territoire en matière de création d’entreprise et de commerce extérieur.

La situation des transports à Toulouse. « Soyons clairs : ce qui pourrait arrêter la progression de Toulouse, ce sont les transports ! », martèle l’élu consulaire, qui se dit « très pessimiste ». « Je ne comprends pas, assure-t-il. Depuis trente ans, nous avons toutes les prévisions démographiques, et je ne vois pas avancer les choses. C’est une situation qui devient ingérable. Si j’étais maire de Toulouse, j’aurais trois priorités : le développement économique, la sécurité et l’accessibilité. À cause des problèmes de transports, certaines entreprises viennent me voir et me disent : “Stop, Toulouse, je n’en peux plus, c’est terminé”. »

Les commerces de proximité. « Il faut arrêter l’hémorragie », plaide Alain Di Crescenzo, face à la situation des commerces de proximité impactés par les différents mouvements sociaux. « Quand vous dites à un commerçant qui a perdu 30 % de son chiffre d’affaires que l’on va faire un moratoire sur sa fiscalité, il rigole ! assure-t-il. Il faut donner de l’argent aux petites entreprises qui, au fond, n’y sont pour rien dans tout cela. Il y a urgence pour le commerce. »

L’aéroport de Toulouse-Blagnac. La reprise récente par Eiffage des parts du consortium chinois Casil Europe fait réagir le président de la CCI Occitanie. « Est-ce que les choses se sont mal passées pour l’aéroport avec Casil ? Soyons honnêtes, non, ce n’était pas catastrophique. En revanche, les relations de gouvernance étaient compliquées. Les collectivités n’étaient pas prêtes pour une privatisation. Et avec le choc culturel, ça ne pouvait pas fonctionner. Maintenant, avec Eiffage, c’est une belle partie qui s’ouvre. »

LGV. Si le président de la CCI Occitanie est favorable aux projets de LGV, il ne cache pas son scepticisme. « J’ai l’impression que plus le temps passe, moins on l’aura », soupire-t-il.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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