Perpignan/Élections - Alduy favori, malgré la fraude à la chaussette
Les électeurs perpignanais retournent aux urnes dimanche pour le premier tour de nouvelles élections municipales, après que le Conseil d’Etat a invalidé le 23 avril dernier le scrutin de mars 2008, marqué par la « fraude à la chaussette ». Lors du dépouillement du second tour (45,48% pour le maire sortant UMP Jean-Paul Alduy, 44,11% pour la socialiste Jacqueline Amiel-Donat, soit 574 voix d’écart sur 41 938 suffrages exprimés), le président d’un bureau de vote avait été trouvé avec des bulletins et des enveloppes dissimulées dans ses poches et ses chaussettes. ?Les protagonistes sont les mêmes : le maire sortant Jean-Paul Alduy (élu depuis 1993, il avait succédé à son père) à droite, face à Jacqueline Amiel-Donat (PS) et Jean Codognès (divers gauche, MoDem, Verts), qui partent à nouveau divisés. Le dernier sondage Ifop/L’Indépendant, publié mardi, donne une avance confortable à Jean-Paul Alduy. Ce dernier recueille en effet 36% des intentions de vote, contre 23 % à Jacqueline Amiel-Donat, 19 % à Jean Codognès et 13 % à Louis Aliot (Front national). Une quadrangulaire n’est donc pas exclue.
Alduy sillonne la ville en Vespa
Dépossédé de sa voiture avec chauffeur, Jean-Paul Alduy a acheté un Vespa jaune pour mener une campagne tambour battant. « J’ai fait plus de 1 000 kilomètres en quinze jours, a-t-il déclaré vendredi à La Lettre M. J’ai senti une vraie relation affective avec les habitants. Les Perpignanais me connaissent, ils sont venus vers moi. Je n’ai pas choisi mon slogan de campagne, « Perpignan au cœur », par hasard. » Jean-Paul Alduy raille les divisions qui minent la gauche catalane. « Moi, je ne fusionnerai avec personne. Mon équipe est soudée, elle reste la même entre le premier et le deuxième tour. Je ne bricole pas un programme commun en quelques heures avec des gens dont j’ai dit pique pendre la veille. Ces fusions, c’est une malhonnêteté intellectuelle. » Son programme tient en deux grands axes : « Inscrire Perpignan dans l’économie de la connaissance, l’espace transfrontalier et le développement durable ; renforcer la proximité avec la mise en place de cinq mairies d’arrondissement, dotées d’un budget propre. » Jean-Paul Alduy compte surfer sur la vague bleue des européennes. « Marie-Thérèse Sanchez-Schmid, 4ème sur ma liste, a été élue députée européenne sur ma liste », commente-t-il.
Amiel-Donat fustige le « système Alduy »
De son côté, Jacqueline Amiel-Donat espère gagner dans les urnes, après avoir remporté la bataille juridique en faisant annuler les élections. Les conditions d’une liste commune avec Jean Codognès ne semblent cette fois pas réunies. « Il refuse de me parler, il n’a des propos que contre moi, c’est un vrai problème, concède-t-elle. Si nos scores sont trop proches, il se maintiendra au deuxième tour pour faire passer Alduy et viser le prochain mandat. » La candidate socialiste veut un « Perpignan plus juste ». « On ne sort pas de 50 ans d’Alduysme comme ça. Le plus gros reproche que je fait à Jean-Paul Alduy, c’est qu’il est à la tête d’un système qui fait fonctionner la ville sur des passe-droits. Les plus fragiles en sont les premières victimes : on ne peut accéder à un poste, un logement, une aide…, que si on connaît quelqu’un. Alduy fait vivre les gens dans la peur. C’est infect. Il accrédite l’idée qu’on n’est pas dans un Etat de droit, mais de passe-droits. »










