Orchestra sécurisé pour trois ans
Onze pages de communiqué, pour un ouf de soulagement. Orchestra (articles de puériculture et mode enfantine, 2 500 salariés, CA 2017/2018 de 612,7 M€, Saint-Aunès, 34) annonce le 26 juin la conclusion d’un accord avec ses principaux créanciers financiers en vue de la restructuration de son endettement, au terme de discussions menées sous l’égide de deux mandataires ad hoc (Selarl FHB). La majorité des lignes bancaires du groupe sont prorogées jusqu’en juillet 2020 pour un montant de 209,2 M€. Ce dispositif sera étendu jusqu’en juillet 2021 « sous conditions ». D’ici au 30 novembre 2019, une augmentation de capital d’un montant minimum de 28,5 M€, abondée par Yeled Invest, actionnaire majoritaire d'Orchestra, est prévue. La dette financière nette s'élève au 28 février à 190,2 M€ (125,5 M€ à fin février 2017), se décomposant en trois blocs : contrat de crédit syndiqué, dettes bancaires bilatérales, obligations. Le protocole de conciliation conclu entre Yeled Invest et ses créanciers financiers doit être homologué par le tribunal de commerce de Montpellier. « Je me réjouis de la confiance accordée par nos partenaires financiers. C’est un signal positif, qui nous donne les moyens de poursuivre la transformation du groupe », déclare Pierre Mestre, président d’Orchestra. « Le fait que les banques accompagnent Orchestra pendant au minimum deux ans est un bon signe, et l’augmentation de capital prévu est financé par l’actionnaire majoritaire. Le business model a l’air d’être cohérent », indique un expert. Mais Orchestra a dû avoir recours à une procédure de conciliation (étape précédant la procédure de sauvegarde) pour obtenir cet accord. Les discussions, entamées en octobre 2017 avec les banques, n’ont pu être, dans un premier temps, menées à bien, du fait des pertes essuyées en 2017 (33 6 M€). Pertes liées, notamment, aux frais engagés dans le projet de fusion avec l’Américain Destination Maternity, dont les séquelles se font encore sortir dans l'exercice 2017/2018, tout juste clôturé (20,5 M€ de pertes). Par ailleurs, les financements sont certes obtenus, mais vont coûter plus cher à Orchestra dans l’avenir : parce que la dette a été renégociée, les taux d’intérêt vont remonter. Reste qu'Orchestra est à présent sécurisé pour les trois prochaines années.
Deux défis sont à relever. Tout d'abord, le poids des stocks, qui pèsent sur la trésorerie. Orchestra a acheté un niveau élevé de stocks, en pensant aller sur le marché américain, avec la perspective de l’acquisition de Destination Maternity. L’échec de ce projet de mariage continue à plomber la trésorerie d’Orchestra. Au niveau stratégique, Orchestra impulse un recentrage sur la puériculture, ce qui induit une réorganisation des flux : un siège auto ne se gère pas comme des articles textiles. Par ailleurs, Orchestra doit relever le pari de l’économie digitale et du commerce omnicanal, où il vise 20 % de son CA dans cinq ans, au lieu de 6,2 % en 2017/2018. Pour l’instant, Orchestra arrive à maintenir son activité (+ 0,7 % par rapport à l'exercice 2016/2017) dans un marché du textile en baisse dans les magasins traditionnels. Le groupe, créé en 1995, veut ainsi développer les mégastores et les magasins mixtes. Ce plan stratégique doit permettre d'atteindre un CA de 620 M€ en 2019 (Ebitda : 40,6 M€) et de 794 M€ en 2022 (Ebitda : 81 M€).
