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Industrie
Nuages sur Tamaris Industries
Des investissements promis et non réalisés, une procédure de sauvegarde en cours, le tout sur fond de litige entre l’ancien et l’actuel propriétaire. Le conte de fée de la reprise inespérée de la Tamaris Industrie, en mai 2012, par l’industriel américain Hugh Aiken, vire au mauvais feuilleton pour les 70 salariés de la fonderie alésienne. Une table ronde aura lieu à la sous-préfecture d’Alès, avec la direction, et des représentants des salariés, le 27 février, pour tenter de dénouer les fils d’un dossier complexe. En toile de fond, selon le délégué du personnel, Sylvain Valero : un bras de fer entre Hugh Aiken et le groupe Delachaux, à qui il a racheté la fonderie, lourdement déficitaire, en mai 2012, pour un euro symbolique. Selon lui, l’industriel estimerait avoir été floué par l’ancien propriétaire : « Hugh Aiken réclame à Delachaux 1,8 M€ sur les besoins en fonds de roulement, et 5 à 10 M€ pour pallier au retour de pièces défectueuses. Faute de quoi il menace de casser la vente. Mais il est possible qu’il se serve de ce prétexte pour faire payer Delachaux ».
Investissements en attente
Selon l’ancien DG adjoint de Tamaris Industries, interviewé en mars 2012 par La Lettre M, Hugh Aiken avait promis d’injecter 7 M€ dans l’usine « pour la remise en conformité aux normes de sécurité environnementales, et pour acquérir des outils d’usinage ». « Aucun de ces engagements n’a pour l’instant été tenu », constate Sylvain Valero. Ambition affichée par le repreneur, à l’époque : tripler le CA dans les cinq ans, en passant de 10 M€ en 2011 à 30 M€ en 2016, en portant l’effectif à 200 personnes. L’actuel directeur de l’usine, René Figuet, se refuse à tout commentaire sur les intentions de son actionnaire principal. Si ce dernier a choisi de demander le placement de l’entreprise en procédure de sauvegarde, c’est, selon lui, pour « régler dans les temps nos fournisseurs et donner à l’entreprise les moyens d’assurer sa pérennité, en restant un acteur important dans le secteur de la fonderie ». Le 12 mars, le tribunal de commerce de Nîmes décidera de la suite à donner à cette procédure. La volonté de l’actionnaire principal de confirmer, ou non, ses projets d’investissement, pèsera dans la décision des juges consulaires.










