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Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 11/07/2011

Naissance très politique de « Georges Frêche, l’Association » à Castries

« Georges Frêche, l’Association » a été officiellement lancée samedi matin au château de Castries par Claudine Frêche, veuve de Georges Frêche et présidente d’honneur de l’association (à gauche sur la photo), et Claude Cougnenc, directeur général des services de la Région Languedoc-Roussillon (à droite).
Le peintre Pierre Soulages et le comédien Gérard Depardieu, parrains de l’association, étaient présents, ainsi que les deux dernières filles de Georges Frêche, Julie et Marion.
La date du 9 juillet a été choisi de façon symbolique : Georges Frêche, qui fut maire de Montpellier de 1977 à 2004, président de Montpellier Agglomération et président de la Région Languedoc-Roussillon entre 2004 et 2010, aurait eu 73 ans ce 9 juillet. Il est décédé le dimanche 24 octobre 2010 d’un arrêt cardiaque.
Claudine Frêche a appelé que l’association « ne soit pas qu’un lieu de mémoire. Ce n’est pas un club des anciens ! Georges Frêche était un esprit vivant. L’association aura, par exemple, pour vocation de guider les jeunes talentueux dans différents domaines : économie, culture, architecture, droit, médecine… »
« Georges Frêche, c’était une pensée en mouvement, a ajouté Claude Cougnenc. (…) Cette pensée en mouvement ne doit pas mourir. Nous n’aurons pas son talent. Mais au travers de manifestations diverses, de rencontres, de débats, de colloques, de prix, nous voudrions restituer à d’autres ce qu’il nous a appris. »
Louis Nicollin, président du Groupe Nicollin et du club de football de Montpellier (et vice-président de « Georges Frêche, l’Association » aux côtés de Raymond Dugrand, adjoint à l’urbanisme de 1977 à 2001) a résumé la réussite de Georges Frêche de son vivant : « Je suis de droite, mais pour les élections locales, j’étais frêchiste. »

Depardieu : la « religion Frêche »

« Georges Frêche, l’Association », dédiée à la mémoire et à la pensée de l’ancien maire de Montpellier, s’est présentée comme apolitique, ne comptant volontairement pas d’élu dans ses 25 membres fondateurs.
Cependant, la « Frêchie » régionale s’est déplacée en masse, conférant à la cérémonie une tournure politique, en pleine primaire socialiste. La Lettre M a notamment relevé la présence de Christian Bourquin, président (DVG) de la Région Languedoc-Roussillon, de son premier vice-président, le sénateur de l’Hérault Robert Navarro (DVG), des vice-présidents de la Région Languedoc-Roussillon Didier Codorniou (DVG) et Anne-Yvonne Le Dain (DVG), de Jean-Pierre Grand, député-maire UMP de Castelnau-le-Lez, de Gabrielle Deloncle, présidente de la CCIT de Montpellier, de Philippe Saurel, adjoint à l'urbanisme à la Ville de Montpellier et de Gilbert Pastor, maire de Castries et directeur de Montpellier Méditerranée Technopole.
Les « bannis du PS », exclus du PS pour avoir soutenu Georges Frêche contre la candidature de la maire socialiste de Montpellier, Hélène Mandroux, lors des élections régionales de 2010, ont pris récemment position pour François Hollande. Georges Frêche avait soutenu Ségolène Royal en 2006 pendant la primaire.
Parmi les absents de marque, samedi : sans surprise, Hélène Mandroux et André Vezinhet ; plus étonnant, ses deux plus proches fidèles à la Région L.-R. pendant six ans, Frédéric Bort (directeur de cabinet) et Laurent Blondiau (directeur de la communication).
Environ 500 personnes se sont massées dans la cour d’honneur du château de Castries. Un portrait de Georges Frêche trônait à la tribune, tandis qu’étaient diffusées des phrases choc du bouillonnant tribun. Comme celle, prononcée en 2004 suite à son accession à la présidence de la Région Languedoc-Roussillon, et déclenchant un tonnerre d’applaudissements posthumes : « En France, les types qui disent la météo à la télé, ils savent pas où est le Sud. On va leur apprendre, parce que le Sud, c’est nous. »
« Ce que je vois aujourd’hui n’est même pas un souvenir, Georges Frêche est toujours vivant, a déclaré Gérard Depardieu. C’est la manifestation de sa propre énergie qui amène les gens vers cette ‘religion Frêche’. Le chemin n’est jamais trop long pour un homme comme Georges Frêche et une région comme Montpellier. C’est un grand jour pour un grand homme, avec des amis fidèles. Il n’y a rien de plus beau. L’amour et l’amitié, c’est toujours fascinant. »

Vibrant hommage de Cougnenc

« L’évolution du monde s’accélère. Nous avons connu un homme immense, qui précédait toujours ce mouvement. Nous voudrions continuer à nous en inspirer et transmettre son savoir-faire », a déclaré Claude Cougnenc en conférence de presse. Plus tard, lors des discours, il a rendu un hommage appuyé à Georges Frêche, saluant sa « culture historique, son âme de bâtisseur, l’investissement total dans sa ville, son indépendance d’esprit, sa passion visionnaire, son intuition sur les envies du peuple, son anticipation sur les enjeux de la mondialisation… »
Le DGS de la Région L.-R. a cité quelques initiatives ou déclarations de Georges Frêche qui, d’après lui, « ont montré qu’il avait raison avant les autres sur bien des sujets, même si sur le moment, ça provoquait des railleries dans les beaux quartiers parisiens » : première police municipale armée, refus des banlieues avec le retour des classes populaires au cœur des villes (mixité sociale imposée dans tous les nouveaux quartiers aménagés par la Serm, NDLR), création d’une agence de développement économique au niveau du district (ex-agglomération), pratique clandestine de l’Islam qualifiée de « bombe à retardement » et soutien à la création de mosquées, condamnation, « dès 1990, du port du voile islamique, qu’il qualifiait d’atteinte à la dignité de la femme », création d’une maison des syndicats, etc…
Ces exemples apparaissent aujourd’hui, d’après lui « dans leur pertinence et leur modernité ». Georges Frêche, « homme d’une immense culture, incarnant une gauche du mouvement, de la création et du progrès, a lié son destin à Montpellier, l’aidant à grandir et à trouver sa place dans l’Europe du Sud, la faisant passer de la de 19e à la 8e ville de France, à travers un concept de technopole mixant sport, culture et économie. »

Faisant allusion aux dérapages (Harkis, trop grand nombre de Blacks en équipe de France de football) qui ont conduit Frêche à son exclusion du PS en 2007, Cougnenc a prévenu : « Ne laissons pas à d’autres le soin d’écrire son histoire. »
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