Municipales 2014 : Jean-Pierre Moure lance son offensive à Montpellier

(photo : Céline Escolano / Gazette de Montpellier)
Environ 300 personnes (soutiens politiques, militants et journalistes) se sont rassemblées mercredi en fin de matinée au café Riche (Montpellier), à l’occasion du lancement de la candidature de Jean-Pierre Moure (PS), actuel président de Montpellier Agglomération, aux municipales 2014 à Montpellier.
Jean-Pierre Moure, actuel maire de Cournonsec et conseiller général de l’Hérault, a déclaré sa flamme pour Montpellier, et tenté de s’imposer comme le candidat le plus à même de rassembler à gauche, face aux autres socialistes déjà candidats - Hélène Mandroux, la maire sortante, et Philippe Saurel, adjoint à la Culture.
« J’ai cette ville dans le cœur »
« Une grande aventure commence avec vous tous ce matin. J’ai cette ville dans le cœur. J’ai décidé d’être candidat à la candidature socialiste pour les élections municipales 2014 à Montpellier, a-t-il déclaré sous les applaudissements. C’est un choix mûrement réfléchi et une décision déterminée. Montpellier a besoin d’un nouvel élan. » Il se présente aujourd’hui, un an avant l’échéance, « par honnêteté intellectuelle, éthique politique et respect des engagements pris. Il n’y aura pas de mélange des genres avec Montpellier Agglomération car le doute est levé. Quand je me tourne vers les Montpelliérains, je le fais droit dans les yeux, en toute sincérité. »
Peu connu du grand public, l’élu a rappelé ses racines locales, utilisant parfois d’envolées lyriques qu’on ne lui connaît guère. « Montpellier est la ville de mon père. Je me sens profondément montpelliérain. C’est la ville où j’ai grandi, étudié, ou j’ai travaillé, où je travaille encore. Je la porte en moi. Je l’ai toujours aimée, cette ville de ma jeunesse, où les Arceaux résonnaient des jeux de tambourins, celle où les facultés s’enracinaient dans les vignes de la route de Mende, celle où les rives du Lez étaient encore des terrains militaires, celle où les dimanches, j’allais voir jouer le SOM (ex-club de foot, NDLR), celle où j’ai joué au SOM, tandis que sifflait le petit train de Palavas, pas très loin d’ici. »
Il a mis en avant ses origines sociales : « Je viens du monde des gens de rien, des gens de peu. C’est pour eux que j’ai de l’ambition pour la Ville et l’agglomération. C’est pour eux que nous serons fiers d’agir. » Autre bonne raison de briguer l’Hôtel de Ville, d’après lui : « Je connais cette fonction. Je l’exerce depuis 30 ans. Je sais ce qu’est la vraie proximité, d’être au cœur des préoccupations des administrés. » Une autre source de légitimité a été évoquée : sa longue collaboration avec Georges Frêche à l’agglomération de Montpellier. Il fut son premier vice-président entre 2002 et 2010. « Avec lui, nous avons fait de grandes choses. Je continue aujourd’hui avec la même passion, et avec une envie décuplée. »
Une ville « à réveiller »
D’après Jean-Pierre Moure, Montpellier est une ville « attractive, accueillante et tolérante, qui doit poursuivre son développement pour affirmer plus encore son rayonnement. Montpellier doit rester jeune, cosmopolite, multiculturelle, dynamique, résolument tournée vers l’avenir. Montpellier, c’est le mélange des peuples et des savoirs depuis un millénaire (…) Montpellier doit s’envisager comme une métropole méditerranéenne. Elle a de solides atouts autour de ses universités et de sa recherche, elle s’est faite un nom sur les scènes sportives et culturelles, son tramway est le plus sexy d’Europe. C’est une ville plébiscitée par 70 % des cadres et des chefs d’entreprises. »
Mais d’après lui, après 9 ans sous la coupe de Hélène Mandroux, la ville « a pris un coup de vieux, il faut la réveiller. Montpellier, tourne au ralenti et déprime. J’ai l’impression que l’Ecusson s’est arrêté de battre. Ça me fait mal au cœur. La ville souffre. Nous devons envisager un nouveau dynamisme commercial. Les façades ont perdu leur beauté, ces commerces n’ont plus le même attrait. Il faut réinvestir l’action de la Ville dans chacun de ses quartiers, restituer sa sécurité, résoudre les problèmes d’embouteillages, dégager des espaces de respiration, promouvoir la ville économe dans son train de vie, sa consommation d’espace et son empreinte écologique. »
Les Montpelliérains « sont inquiets, tristes même, a-t-il ajouté. Leur avenir est incertain. Ils estiment que cette ville tarde à se projeter et redevienne banale. Je veux réveiller Montpellier, devenir un maire du quotidien, pas un maire distant, mais ancré dans la vraie vie des gens. » Si elle est attractive démographiquement, la 8ème ville de France affiche un bilan économique et social indigent : « 13,5 % de taux de chômage ; jusqu’à 40 % dans les quartiers populaires. Un habitant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Les trois quarts des Montpelliérains sont éligibles au logement social. Tout cela, ce n’est pas acceptable. »
La métropole en filigrane
Jean-Pierre Moure s’est fait le chantre d’une grande métropole, où communes et intercommunalité devront fonctionner en synergie. « Les politiques publiques seront d’autant plus globales et concrètes qu’un même exécutif sera à la tête de la Ville et de l’Agglo. L’action au service du public n’en sera que plus efficace. Ce rapprochement est de toutes façons nécessaire au moment où il est demandé un effort supplémentaire aux collectivités locales. Je suis président de l’agglo, et j’aspire à devenir votre maire : je ne vois pas double, mais je vois plus large ! Quand on est capable de penser une agglomération, on est capable de penser une ville. » A la Ville, « la proximité et le quotidien des habitants » ; à l’Agglo, « l’aménagement, la valorisation du territoire et la dynamique économique ».
Tacles
Jean-Pierre Moure a délivré ses premiers tacles à ses adversaires. Morceaux choisis :
- « Je ne viens pas vous proposer des anti-dépresseurs. D’ailleurs je ne suis ni anesthésiste ni dentiste (allusion aux professions respectives de Hélène Mandroux et Philippe Saurel, NDLR). »
- « C’est maintenant qu’il faut penser la ville fraternelle, intelligence, durable. Pas en 2040 (allusion à la démarche ‘Montpellier 2040’ initiée par la Ville). »
- « Je veux être un maire qui voyage… ici, de Port Marianne à Euromédecine, du Petit Bard à la Pompignane, de La Paillade à Saint-Martin. » (allusion aux nombreux voyages de Hélène Mandroux à travers le globe).
Jean-Pierre Moure croit en sa bonne étoile : « Ce café est l’un des plus anciens de la ville. Nous nous y retrouvons pour fêter de belles victoires politiques ou sportives. Je ne doute pas qu’il en sera ainsi pour l’échéance de 2014. Je sens que ça frémit, je sens un mouvement de la base, porteuse de beaux lendemains. Je pense être le candidat le mieux placé à gauche pour appeler au rassemblement. »
Son QG de campagne sera installé place de la Comédie.










