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| 7/06/2013

Multitec : ultime sursis pour le projet de Scop

Liquidée le 17 mai par le tribunal de commerce de Montpellier, avec poursuite d’activité jusqu’au 17 juillet, Multitec (second œuvre technique du bâtiment, Pérols) a jusqu’à ce mardi 11 juin pour présenter aux juges un projet financé de redémarrage, via la Scop Eco Fluides. Le tribunal de commerce de Montpellier, qui devait statuer aujourd'hui, tranchera définitivement mercredi 12 juin. En cas de rejet du dossier de Scop, 107 licenciements seront effectifs jeudi 13 juin. Si le projet de Scop est validé, Eco Fluides démarrera avec 75 salariés, et 29 licenciements seront prononcés.
Après le refus de deux banques (Caisse d’Epargne et Banque Populaire du Sud), en début de semaine, la Scop Eco Fluides a été contrainte de retirer son offre de reprise de Multitec. Les 15 salariés de Multitec, qui portent ce projet de Scop, vont batailler « tout le week-end pour trouver de nouveaux financeurs, et étudier les pistes de réduction des besoins en fonds de roulement de la Scop : salaires, achats, cartes carburants, dépôts de garantie… », confie vendredi à La Lettre M Carole Richard, directrice administrative et financière de Multitec et PDG de la Scop Eco Fluides. D’après elle, il ne manquerait que 400 000 € d’obtention de crédits moyen terme. « Ces crédits peuvent être garantis par BPI Oseo et la Région L.-R. à hauteur de 70 % ».

Incompréhension

L’incompréhension domine, pour trois raisons principales.
- Pourquoi deux banques, qui avaient donné un avis favorable, ont viré de bord au dernier moment ? « Multitec aurait laissé des ardoises, et une mauvaise image, au secteur bancaire, et la solidarité entre banques de la place jouerait. Mais la Scop Eco Fluides, ce n’est pas Multitec !, s’insurge-t-elle. Et la moitié de cette ardoise a été réglée fin 2012 avec le produit de la vente de la cession de filiale Ingertec. »
- Le projet est presque ficelé. Plusieurs autres établissements ont donné leur accord - Crédit Coopératif, la Nef (réseau des Scop), France Active, Socoden, Scopinvest. « En tout, nous avons 650 K€ de prêts participatifs, 400 K€ de crédits moyen terme, une ligne de mobilisation de postes clients à hauteur de 1 M€, et un apport des associés de la Scop en capitaux propres à hauteur de 300 K€. » Problème : il faut trouver une solution dans les prochains jours, le fonds de garantie qui assure le paiement des salaires ne fonctionnant que 45 jours.
- Le carnet de commandes est plein ! « Si le projet est validé, nous démarrons avec un CA prévisionnel de 17 M€ en année 1. 12 M€ de marchés sont déjà signés, assure Carole Richard. Eco Fluides démarre avec des salariés compétents, de vrais savoir-faire, des clients. » Dans ce contexte, « comment, pourquoi refuser des financements bancaires, aussi dérisoires soient-ils ? »

Appel aux collectivités

Carole Richard veut croire à un rebond positif, la semaine prochaine. Pour réduire les besoins en trésorerie et faciliter le démarrage, elle sollicite « l’aide de nos principaux donneurs d’ordres : Montpellier Agglomération et Région L.-R. », via des paiements rapides, « dès réception du chantier. On nous bassine les oreilles sur l’emploi, qui serait une priorité nationale. Nous ne le constatons pas, à ce jour, dans les faits. »
Créée en 2002 par Eric Genot, Multitec a compté jusqu’à 500 salariés, avec des agences sur la façade méditerranéenne, dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône, et une filiale dans les travaux en milieu nucléaire (Ingertec), pour un CA global de 100 M€ en 2012. La PME indépendante est spécialisée dans leséquipements électriques, le génie climatique, la maintenance, les réseaux secs et les télécoms.

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