Moudenc dresse son bilan de mi-mandat et se dit candidat pour 2026
Lors de son point presse de mi-mandat, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, confirme le 11 avril qu'il sera candidat à sa propre succession en 2026. « Ce n'est pas pour autant que j'ouvre la campagne électorale, prévient-il. Nous sommes au travail. » Quant à l'opportunité de rejoindre le parti Horizons d’Édouard Philippe – en visite dans la Ville rose le même jour -, l'ancien cadre LR répond : « J'avais prévu de longue date de faire ce bilan aujourd'hui devant vous, explique-t-il. Entre-temps, Édouard a décidé de venir à Toulouse. J'ai maintenu ce point presse, ce qui veut bien dire que ma priorité est à l'action municipale. » Et celui qui a quitté LR en novembre dernier d'insister : « Je reste indépendant. »
Des projets malgré les crises
Au-delà de cette déclaration de candidature faisant suite à une question adressée par la presse, la rencontre avec les journalistes aura avant tout été l'occasion de dresser le bilan d'une première moitié de mandat marquée par les crises successives. « Nous avons été amenés à faire face à des crises sanitaire, géopolitique et énergétique, mais aussi au retour de l'inflation, avec en fond de scène, de manière permanente, la crise climatique », rappelle l'édile, qui évoque par ailleurs « une crise sociale affectant la démocratie, dans un pays très divisé ». Mais malgré ce contexte contrarié, la majorité municipale, assure-t-il, a décliné comme prévu sa feuille de route : « Nous avons mis en œuvre notre projet tout en réagissant aux aléas des crises. » Et de citer différentes réalisations, dans les champs de la mobilité, de la sécurité, de l'écologie et du cadre de vie.
« Agir sans pour autant tout casser »
« Nous démontrons que le progrès est possible sans avoir à choisir les extrêmes, martèle Jean-Luc Moudenc. Ces extrêmes qui promettent tout et n'importe quoi, qui pratiquent l'outrance et l'excès. Certains promettent la révolution, quand nous ne voyons que des destructions... Nous démontrons qu'il est possible d'agir sans pour autant tout casser ! » Et l'élu de vanter la nature plurielle de sa propre équipe, avec des profils issus de familles politiques différentes. « C'est également ce que nous faisons à l'échelle de la Métropole, où un accord de gouvernance réunit des sensibilités politiques très diverses, ajoute-t-il. Cela veut dire que le pluralisme peut construire des convergences lorsque ces dernières sont au service d'une vision d'avenir et de progrès. » L'occasion pour le maire de la Ville rose de tacler son opposition. « Elle a changé de nature, assure-t-il. Elle est désormais dominée par la France Insoumise, avec un alibi "vert" qui lui sert de paravent et un Parti socialiste qui s'est mis à genoux. C'est La France Insoumise qui donne le ton, donc il y a une complaisance évidente vis-à-vis de tout ce qui tend à ne pas respecter l'autorité. Certains décident d'être du côté du désordre. »
Les enjeux de la fin du mandat
Pour la seconde partie du mandat, le maire de Toulouse entend « travailler dans le même esprit, avec la même méthode ». Il souhaite mettre l'accent sur plusieurs chantiers stratégiques, dont la végétalisation de la ville, le projet Grand Matabiau quai d'Oc et les Grands parcs. Interrogé sur le sujet - sensible - de la construction de logements, l'édile réaffirme sa position : « C'est une crise nationale. Nous avons du mal, de manière presque structurelle, à produire le nombre de logements dont nous aurions besoin. C'est un phénomène qui est en ce moment particulièrement inquiétant. Il est absolument nécessaire de produire davantage. » Si Toulouse, en matière de délivrance de permis de construire, se veut bonne élève, Jean-Luc Moudenc rappelle qu'il n'a « aucune autorité hiérarchique sur (ses) collègues maires (de la métropole, NDLR). Ils ont un engagement de production. Ils le respectent ou ils ne le respectent pas ; dans les deux cas, je n'y peux rien. » Alors que le Projet d'aménagement et de développement durable (PADD) – donnant un cadre au futur Plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat (PLUi-H), qui doit entrer en vigueur en 2025 - a été débattu en conseil métropolitain le 6 avril dernier, la question est plus que jamais d'actualité. « Il va falloir inventer des formes urbaines plus affirmées tout en allant chercher l'adhésion de nos concitoyens ; il faudra pour cela du courage et de la pédagogie », estime Jean-Luc Moudenc, qui rappelle le contexte réglementaire, en particulier le principe de Zéro artificialisation nette (Zan) des sols.











