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| | 26/05/2009

Montpellier/Export - Une délégation de l’Agglomération en mission économique au Québec

Montréal, Laval, Sherbrooke et Québec seront les quatre étapes de la délégation de l’Agglomération de Montpellier qui a entamé, lundi 25 mai, une mission économique de cinq jours au Québec. « Le Québec permet aux chefs d’entreprises de se familiariser en français avec l’état d’esprit américain », résume Valérie de Saint Vaulry, responsable du développement international de Montpellier Agglomération, organisatrice de la mission. Lundi 25 mai, les cinq entreprises participantes (*), des start-up des secteurs des TIC et des biotechnologies, ont découvert, au 20e étage d’un building du centre d’affaires de Montréal, les spécificités du monde des affaires canadien et québécois : « Sachez qu’ici, dès qu’il y a un problème, le caractère nord-américain fait que les gens n’hésitent pas à mettre la pression en exerçant un recours judiciaire », prévient un avocat du cabinet Langlois Kronström Desjardins. Autre difficulté : « Les lois fédérales rajoutent des contraintes aux lois provinciales. Mais avec l’Europe, vous êtes en terrain connu ! » Et attention à ne pas tomber dans le piège du salaire net : « Un patron français avait promis à un salarié québecois un salaire net équivalent à celui d’un salarié français, se souvient un expert-comptable. Mais ici, c’est l’employeur qui prélève les impôts, et le salaire net veut dire avant impôts. Du coup, il a dû le payer deux fois plus cher ! ».Licenciements expressMais le Québec présente aussi des avantages pour les dirigeants français. « Il m’a fallu trois ans pour créer une joint-venture entre avec une société canadienne et AAA », témoigne le directeur de AAA Canada (assistance aéronautique), Richard Demoucelle. « Mais une fois que nous nous sommes implantés, tout a été beaucoup plus simple. Grâce à nos partenaires locaux, nous avons sauté beaucoup d’étapes ». AAA Canada est passée, depuis, de 50 à 20 salariés. « Nous avons pu licencier les gens en deux semaines », se félicite le dirigeant. « Ici, on peut jouer autant qu’on veut sur un socle d’intérimaires. Pas besoin de changer de boîte d’intérim au bout de 18 mois, sous peine d’être obligés de les embaucher comme en France ». Autre avantage : la faiblesse des charges salariales et patronales. Les salariés canadiens ne sont pas pour autant des salariés au rabais. « En matière de politique sociale, l’ensemble des lois sont pratiquement les mêmes qu’en France, avertit l’avocat. Les salariés ici sont extrêmement protégés ». Un banquier de HSBC prévient quant à lui aussi les patrons montpelliérains que « la banque au Canada n’a pas grand chose à voir avec la banque en France. Ici, on paie pour chaque service, chèque, transfert, ou virement ». Autre différence notable : « Une entreprise ne perd pas son accès au crédit pour cause d’incident de paiement. C’est une autre philosophie : plus vous avez vous avez eu de crédits, mieux vous les avez remboursés, et plus élevé est votre score ».Une porte d’entrée pour les Etats-UnisToutes ces différences culturelles n’empêchent pas les Montpelliérains présents à Montréal de rêver au géant nord-américain. « Mon objectif n’est pas le marché québecois, mais le marché californien et nord-américain », reconnaît Olivier Besnard, dirigeant de Biophytech (R&D en protection des cultures, Villeneuve-les-Maguelone), qui avait déjà un pied au Québec. Pour lui, la Belle province constitue « une bonne interface, notamment pour trouver des gens spécialisés dans le droit nord-américain ». Romain Bellet, directeur de Yooda (outils d’aide au référencement sur Internet), mise lui aussi sur « la culture nord-américaine du Canada pour attaquer le marché nord-américain ». « Le Canada est une très bonne plateforme pour envahir les Etats-Unis, renchérit Roger Marhuenda, l’un des associés de HPC Project. C’est l’équivalent de la Grande-Bretagne, en Europe, pour les Etats-Unis. » La société, qui développe et commercialise des solutions de calcul haute performance, avait déjà noué des liens commerciaux avec deux sociétés canadiennes, Presagis et Parallel Geometry. « Ici, c’est très américain, constate le Montpelliérain. Les gens sont plus directs, il y a moins de barrières hiérarchiques. Il faut donc avoir un produit nickel, et être capable de le présenter rapidement au vice-président d’un grand groupe ». Quant à Pascal Feydel, le directeur d’Adullact (logiciels libres pour les administrations, il cherche un partenaire canadien et s’interroge encore sur la bonne formule : joint venture, simple partenaire commercial, ou boutique. À la fin de la première journée, trois sociétés québecoises se bousculaient pour signer un contrat d’exclusivité avec le Montpelliérain… Aujourd’hui, la délégation montpelliéraine, menée par Gilbert Pastor, vice-président de Montpellier Agglomération délégué au développement économique, sera reçue à la Technopole de Laval, l’un des pôles majeurs de l’économie du Grand Montréal.De Montréal, H.F.(*) Adullact, Biophytech, HPC Project, ST Développement, Yooda

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