Montpellier : Tageos s'apprête à lever 15 M€
Tageos, qui a reçu le 16 novembre à Marseille le 3e prix du Technology Fast 50 Méditerranée 2015, perce dans le monde très fermé des étiquettes passive RFID. ‘'RFID’', à savoir des étiquettes électroniques, qui identifient les articles par radiofréquence, et non pas par code-barres avec lecture optique. Les produits peuvent ainsi être lus en masse, y compris lorsqu’ils sont enfermés. Et le contenu d’un carton est identifié en quelques secondes sur un convoyeur. Un marché en pleine expansion, qui a doublé en deux ans, d’après Tageos. Après un premier tour de table de 2 M€ en 2012, effectuée auprès de Newfund (Paris), Tageos prépare une levée de fonds d’environ 15 M€ cette année, afin d’accompagner une accélération de la croissance. Après un CA de 3,5 M€ en 2015 (dont 60 % en France), Tageos mise sur 10 M€ cette année, et de 100 M€ dans cinq ans, avec l’objectif de peser 25 % du marché mondial, face à quatre concurrents – un Chinois, un Européen et deux Américains. D’une vingtaine de salariés aujourd’hui, les effectifs devraient grimper à 60 salariés (commerciaux, marketing, production, administratifs…) fin 2016, dont une dizaine sur la filiale commerciale implantée aux Etats-Unis, à Bentonville. A Montpellier, le site de production va être transféré et étendu au cours du 1er semestre dans le quartier Millénaire, pour passer d’une capacité de 200 millions d’étiquettes par an à environ 700 millions à l’horizon 2017.
* Les trois dirigeants, âgés de 37 à 39 ans, se sont rencontrés sur les bancs de Centrale Lyon.
Marché-phare : les grandes marques de vêtements
Les étiquettes de Tageos s’appliquent à de nombreux secteurs : prêt-à-porter, luxe, distribution alimentaire, logistique, pharmacie et médical, cosmétiques. Parmi les clients de Tageos : Décathlon, Lacoste, Louis Vuitton, DHL, Auchan, Wonderbox… Le marché phare est celui des grandes marques de vêtements, « où notre étiquette permet d’améliorer la gestion des stocks et la disponibilité des articles en rayon, analyse Matthieu Picon, cofondateur de Tageos en 2007, avec Nicolas Jacquemin et Laurent Delaby*. Les enseignes ratent ainsi moins de ventes. » Particularité des étiquettes de Tageos : la partie électronique est réalisée sur un support papier, transformé en étiquette. L’antenne et la puce sont assemblées directement sur une bande de papier imprimable, qui constitue l’étiquette finale, au terme d’un procédé breveté. « À l’inverse des étiquettes RFID traditionnelles, assemblées sur une couche en plastique avant d’être converties en unités imprimables en papier, nos étiquettes RFID sont fabriquées en papier, sans plastique, et par conséquent moins chères de 20 % à 30 %, et moins polluantes », explique Matthieu Picon. D’après lui, le fait de proposer des étiquettes plus facilement recyclables est un argument commercial auprès des clients.










