Montpellier : le futur stade de foot sera porté à 65 % par le Groupe Nicollin et ses partenaires
Le projet du futur stade Louis Nicollin commence à prendre forme. Prévu au cœur du futur quartier Cambacérès, à proximité de la nouvelle gare TGV, le futur stade sera inclus au sein d’un complexe sportif global nécessitant 200 M€ d’investissement, dont 50 M€ pour le palais des sports, qui accueillera les club de handball (MHB) et de basket (BMLA). « Le stade est porté par une collaboration inédite entre le public et le privé pour un financement maîtrisé à hauteur de 150 M€ », annonce Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole, le 5 juillet. Il confirme que la jauge sera « voisine de 30 000 places » et que 20 000 m2 en rez-de chaussée du stade et autour de l’enceinte auront une vocation économique et ludique.
Une société anonyme (SA) sera créée pour construire et exploiter le stade et les locaux. L'outil Semop (société d'économie mixte à opération unique), jugé trop complexe, est abandonné. La future SA comptera deux actionnaires principaux. L’actionnaire majoritaire sera composée du Groupe Nicollin, du club de football MHSC (Montpellier Hérault Sport Club, président : Laurent Nicollin) et leurs partenaires, à hauteur de 65 %. L’autre actionnaire (35 %) aura la minorité de blocage. Ce sera une société d’économie mixte, qui réunira la Ville et la Métropole de Montpellier, Serm/SA3M et leurs partenaires. Le financement se ferait à 30 % en apport de fonds propres, soit 60 M€, et le reste en emprunts qui « seraient remboursés via les loyers perçus par la SA », explique Christophe Pérez, DG de Serm/SA3M.
Une livraison en 2022. Le calendrier prévoit la finalisation des études de programmation et de fonctionnement en 2018, la constitution de la SA et le lancement du concours de maîtrise d’œuvre, le choix du programme définitif et la pose de la première pierre en 2019. En 2020/2021 serait lancée la construction, pour une ouverture du stade pour la saison de football 2022/2023.
« Nous irons aussi chercher les aides et subventions auprès de l’État, la Région, le Département de l'Hérault, la Fédération française de football… », détaille Philippe Saurel. Du côté du clan Nicollin, la quête de partenaires au financement est lancée tant « au niveau national qu’international », avance Laurent Nicollin. « Ce stade est un projet structurant pour le club, mais c'est aussi un investissement pour la famille Nicollin dans la ville », déclare Olivier Nicollin, PDG du groupe éponyme.
Un lieu de vie sportive et ludique
« Le stade est pensé pour accueillir entre 20 et 25 journées foot et comme un lieu de vie le reste du temps », complète Olivier Nicollin. « Le stade aura la capacité à s’adapter à d’autres événements comme des spectacles », note le maire. Aussi, l’animation de ce futur lieu de vie sera assurée par des boutiques dont celle du club de foot, de l’hôtellerie, des restaurants, des loges et espaces VIP, un espace pour la pratique du e-sport, des salles de jeux et de sport ainsi qu’un lieu dédié à la collection particulière de maillots de Louis Nicollin. « Nous montons un dossier visant à pouvoir accueillir un casino à Montpellier », assure aussi Philippe Saurel, confirmant ainsi la venue potentielle du groupe Partouche. Interrogé sur la capacité hôtelière du complexe sportif, le maire de Montpellier assure que cette question sera abordée en concertation avec les professionnels du secteur.
Une offre de parking rationalisée
L’offre de parking sera rationalisée eu égard à la localisation du futur stade en façade de l’autoroute (A 709 et A9). Le stade sera situé près de l’aéroport, de la gare TGV, des lignes 1 (qui sera prolongée jusqu’ à environ 300 à 500 m de la gare TGV) et 3 du tram et du parking Circé d’Odysseum.
La Mosson aux start-up ?
Concernant le devenir du stade de la Mosson, Philippe Saurel confirme qu’il sera réhabilité en espace économique pour les start-up et que des travaux seront engagés pour assurer une transparence hydraulique afin d’éviter le risque inondation. « Il s'agit de créer des emplois au coeur d'un quartier qui en a besoin », souligne l'édile. Aucun calendrier n’est fixé à ce jour : « il est inféodé à la réalisation du futur stade et au programme Anru (renouvellement urbain) 2 à La Mosson », concède le maire de Montpellier.
Controverses
Le projet ne fait pas l’unanimité. Par exemple chez Europe Ecologie les Verts (EELV), d'après qui le projet n’est visiblement pas ficelé : « Le stade sera-il couvert ou pas ? Réponse : on n’en sait rien. » Par ailleurs, certains maires des communes de la métropole, dont Frédéric Lafforgue, maire de Castelnau-le-Lez, et Cyril Meunier, maire de Lattes, donnent une conférence de presse où ils dénonceront l'absence de concertation, d'après eux, pour le projet de stade de foot. « Philippe Saurel ne l'a jamais mis à l'ordre du jour d'une assemblée métropolitaine et ne l'évoque pas non plus en conférence des maires. Il préfère, depuis deux ans, s'exposer dans la presse plutôt que de se confronter à un débat contradictoire. »










