Montpellier - Borloo privilégie un dédoublement court de l’autoroute A9
Un « déplacement court » de l’autoroute A9, sur 12 kilomètres entre Saint-Jean-de-Védas et Montpellier Est, sur un tronçon à 2x2 voies, où circuleraient les flux de transit, et une transformation à terme de l’axe actuel en boulevard périphérique urbain confiée aux collectivités locales, avec une voie « réservée aux transports en commun et aux modes doux » : c’est la piste « envisageable » communiquée jeudi par le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo et le secrétaire d’Etat chargé des Transports Dominique Bussereau. Cette option avait été en partie révélée dans La Lettre M de ce mardi 21 juillet. Le projet initial (2x3 voies sur 19 kilomètres) est jugé inadéquat « avec le respect des riverains, des territoires et de la biodiversité ».
Concernant ce nouveau projet « allégé », qui longerait la future ligne ferroviaire du contournement de Nîmes et Montpellier, rien n’est définitif. MM. Borloo et Bussereau demandent en effet à ASF « que les aménagements nécessaires à ma mise en sécurité des trois échangeurs (est, sud et ouest, ndlr) de l’autoroute actuelle soient accélérés et achevés au plus tard le 30 novembre 2009 ». L’impact de ces aménagements « sur la congestion et la sécurité routières » sera mesuré « dans le mois qui suivra la mise en service du dernier échangeur ». Si ces aménagements (assez minimes : environ 4 M€) engagés par ASF en début d’année s’avèrent suffisants, l’Etat abandonnera le projet de déplacement de l’autoroute A9 à 2X2 voies sur 12 km évoqué ci-dessus.
« Un marché de dupes », selon Cyril Meunier
Par contre, si ces travaux n’apportent pas « une solution pérenne aux questions de fluidité du trafic et de sécurité routière », l’Etat « prendrait alors ses responsabilités et engagerait le projet de déplacement court, compatible avec la déclaration d’utilité publique (DUP) du 30 avril 2007 ». La décision finale de ce dossier déjà vieux de 20 ans, annoncée en mars pour fin juin, est repoussée à la fin de l’année. Un énième report qui risque de faire grincer des dents du côté des élus locaux, pour la plupart favorables au dédoublement de l’autoroute. Opposant de la première heure, le maire de Lattes Cyril Meunier, qui a attaqué le DUP devant le conseil d’Etat, a déclaré vendredi matin sur France Bleu Hérault : « L’Etat nous propose un marché de dupes en proposant de confier aux collectivités locales la gestion de l’autoroute actuelle requalifiée en boulevard urbain. Ils (Borloo et Bussereau, ndlr) filent en rase campagne en disant : "On ne sera plus responsables de votre trafic", après avoir fait des aménagements de rien du tout. Il faut bien voir qu’un boulevard urbain de cette importance, c’est chaque jour entre 30 et 40 personnes pour l’entretien et la sécurité. »










