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Région Occitanie
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Biotechs - Santé
| 29/01/2018

La moitié des hôpitaux publics en Occitanie est en déficit

« Il faut arrêter de penser que les hôpitaux sont mal gérés. » Lors d’un entretien avec La Lettre M le 29/1, François Chollet, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) en Occitanie* fait part de sa « forte préoccupation » sur la santé financière des hôpitaux en Occitanie. « Près de la moitié des hôpitaux publics est en déficit ». Le président de la FHF Occitanie attribue ce bilan déficitaire au système de fonctionnement de la tarification à l’activité (T2A), un mode de financement des hôpitaux qui s’appuie sur l’activité réalisée. Un système qui a pour conséquence d’inciter les hôpitaux à augmenter le nombre d’actes médicaux et à faire des économies notamment via la réduction de son personnel. Une situation que le Pr Chollet estime « pas tenable » car elle ne permet pas aux établissements publics de santé d’avoir de la visibilité et accroît la pression sur le personnel de santé. « Résultat, il y a moins de projets, on hésite à investir. »

*L’Occitanie compte environ 180 hôpitaux publics et 90 Ehpad, pour 93.000 agents et 5.000 médecins.

 

En 2018, la FHF Occitanie entend poursuivre ses actions et investissements visant à l’objectif d’une stabilité financière des hôpitaux.
Autre enjeu important de 2018 pour la fédération : l’
attractivité du secteur et la lutte contre la désertification médicale. « Avec le numerus clausus, il devrait y avoir suffisamment de médecins pour répondre aux besoins mais ce n’est pas le cas. Il faut revoir le numerus clausus. » Un phénomène que François Chollet explique par l’évolution des attentes des professionnels de santé qui ne souhaitent plus s’installer. « Ils ne veulent plus enchaîner les gardes, ils ont envie de travailler avec d’autres médecins, avec d’autres spécialités. ». Et de citer l’exemple du conseil département de l’Aveyron qui sur son site Internet propose d’aider les médecins souhaitant s’installer sur le département. « Il faut que les élus s’en mêlent. »

Du côté des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), la problématique est différente. « Il y a encore 5 à 10 ans, la durée moyenne de séjour des personnes dans les Ehpad était de 3 ans, aujourd’hui elle est de 10 mois. » Une donnée qui atteste des progrès réalisés dans le maintien des personnes à domicile plus longtemps mais qui a aussi quelques conséquences négatives : « Les personnes qui arrivent dans les Ehpad sont beaucoup moins autonomes, elles ont besoin de plus de soins et les Ehpad ne sont pas adaptés à cette évolution. Il faudrait des Ehpad plus petits avec moins de places et plus de personnel. »

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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