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Haute-Garonne
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Aménagement - Urbanisme
| 9/06/2026

Jean-Baptiste de Scorraille (Oppidea Europolia) : « Nous devons construire plus haut, plus beau, plus écolo ! »

© LYC / Oppidea

Nouveau président du groupe Oppidea Europolia – opérateur public de Toulouse Métropole chargé de l’aménagement et du renouvellement urbain – Jean-Baptiste de Scorraille hérite d’un secteur immobilier en pleine crise. Dans un entretien exclusif accordé à La Lettre M, celui qui est aussi vice-président de Toulouse Métropole chargé de l’urbanisme et à la tête de l’Agence d’urbanisme de l’aire toulousaine détaille sa feuille de route pour répondre à la forte croissance démographique tout en respectant les objectifs de sobriété foncière. Son leitmotiv : construire « plus haut, plus beau, plus écolo », en densifiant autour des futures stations de la ligne C du métro et en diversifiant les activités du groupe pour traverser la crise.

Vous prenez la présidence du groupe Oppidea Europolia dans un contexte difficile pour le secteur immobilier. Quelles seront vos priorités dans les prochaines années ?
Toulouse et sa métropole continuent de connaître une forte croissance démographique. Il faut être capable de loger ces nouveaux habitants alors que le coût du logement reste très élevé. Mon leitmotiv est simple : « Plus haut, plus beau, plus écolo ». Plus haut, parce qu’avec le zéro artificialisation nette (Zan), il faut construire davantage sans continuer à étendre l’urbanisation. Plus beau, parce qu’il faut conserver une ambition architecturale forte. Plus écolo, parce qu’il faut intégrer les enjeux du réchauffement climatique. Nous devons aussi adapter notre offre de logements aux évolutions de la société. Aujourd’hui, beaucoup de programmes sont conçus pour les jeunes actifs, mais il faut également répondre aux besoins des familles. C’est un sujet complexe sur lequel il faudra avoir du courage politique. Notre objectif est de produire entre 1 000 et 1 500 logements par an et de contribuer au développement économique du territoire, avec des logements situés au plus près des zones d’emploi.

Comment relancer la construction dans le contexte actuel tout en maintenant les ambitions environnementales de la Métropole ?
La crise immobilière que nous connaissons aujourd’hui est liée à plusieurs facteurs : la hausse des taux d’intérêt, l’augmentation des coûts de construction et les réglementations environnementales qui renchérissent elles aussi les coûts. Il va falloir travailler sur ces différents sujets, parce que la demande de logements reste forte. Nous allons notamment devoir faire évoluer le PLUi-H (Plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de Programme local de l'habitat, NDLR) autour des futures stations de la ligne C du métro, mais aussi des secteurs de Toulouse, Blagnac et Colomiers. Cette modification est déjà engagée. Nous irons à la rencontre des communes de la métropole pour réaliser ces adaptations lorsque cela sera nécessaire et essayer d’être ambitieux autour des grandes infrastructures de transport.

Quels sont les principaux projets sur lesquels le groupe Oppidea Europolia est aujourd’hui mobilisé ?
Nous travaillons actuellement sur 25 opérations d’aménagement. Nous poursuivons notamment le Grand Matabiau, attaquons la phase 3 de la Cartoucherie, avec le développement de la pointe en direction du centre-ville, et sommes également présents dans les quartiers Malepère et Toulouse Aerospace, où nous allons travailler sur la mise en place de parkings silos, ainsi qu’à Empalot, Paléficat et Balma-Gramont. Ce sont aujourd’hui les grands axes de notre activité, mais il va falloir en trouver d’autres afin de traverser la crise. La promotion immobilière peut notamment constituer l’un de ces leviers.

Justement, quelle est votre stratégie dans ce domaine ?
L’idée n’est pas de concurrencer les promoteurs privés. En revanche, cette activité – que nous débutons tout juste – peut nous permettre d’être capables de produire des logements et d’aider à passer la crise actuelle. Plus largement, le groupe intervient aujourd’hui dans l’aménagement et le renouvellement urbain, la construction et la rénovation d’équipements publics, la promotion immobilière, l’investissement immobilier avec l’acquisition et la gestion de patrimoines de bureaux ou de locaux d’activités, mais aussi dans la réflexion autour de la production d’énergies renouvelables, notamment à travers le photovoltaïque.

Les collectivités font face à des contraintes budgétaires croissantes. Comment financer les projets à venir ?
Les dotations de l’État se réduisent comme peau de chagrin. Dans ce contexte, nous devons gérer notre compte d’exploitation comme celui d’une entreprise. Ce que je souhaite, c’est que nous arrivions à être autonomes. Oppidea et Europolia sont aujourd’hui des structures bien gérées, mais nous n’attendons pas que la Métropole vienne à notre secours. Nous devons continuer à trouver de nouveaux marchés pour nous développer. La Métropole a les moyens de porter des projets, mais d’autres villes comme Auch, Tarbes ou Foix ont elles aussi des projets à mener. Ce sont autant de pistes de développement qu’il faudra étudier dans les prochaines années.

Propos recueillis par Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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