Miraïa, qui vise 180 M€ de CA en 2030, va déployer un site pilote de production de biochar
La société toulousaine Miraïa veut « investir 6 M€ d’ici à la fin de l’année » dans le déploiement d’un démonstrateur de production de biochar, indique à La Lettre M Thomas Messe, co-fondateur. « Cette unité, qui mobilisera un investissement de 6 M€, devrait être implantée à Lacq (64), précise le directeur administratif et financier de l’entreprise, actuellement en phase de levée de fonds. Puis notre feuille de route prévoit l’ouverture de cinq à six usines en France d’ici à 2030, dont une première à Garlin (64) et au moins une en Occitanie. » Chaque unité, qui pourrait produire 20 000 tonnes de biochar par an, génèrerait « entre 25 et 30 M€ par an, soit jusqu’à 180 M€ de chiffre d'affaires en 2030 ».
Plusieurs marchés ciblés
« Le nom de notre entreprise est constitué des mots "miroir" et "Gaïa", explique le co-fondateur. Car notre objectif est de reproduire ce que la Terre a mis des millions d’années à générer, en arrêtant de puiser dans ses ressources fossiles. » Pour cela, la société haut-garonnaise fondée mi-2023 entend exploiter une technologie éprouvée mettant en œuvre des fours à pyrolyse verticale afin de produire du biocarbone – ou biochar –, c’est-à-dire un charbon d’origine végétale issu de la combustion du bois. « On se rend compte que cette activité, qui avait historiquement périclité au bénéfice de l’exploitation des énergies fossiles, a de nouveau sa raison d’être aujourd’hui, en particulier en vue de la décarbonation de l’industrie », estime le dirigeant.
Miraïa cible plusieurs marchés : la métallurgie, la construction et l’agriculture (en particulier la viticulture). Au-delà du biochar, l’entreprise, qui compte actuellement cinq collaborateurs, entend valoriser les coproduits de la production de biochar, « à la fois les liquides issus de la combustion, qui peuvent être utilisés notamment par les acteurs du transport maritime et les cimentiers, et les gaz, qui vont alimenter nos usines en énergie », indique Thomas Messe.
La question du foncier
La localisation du démonstrateur de l’entreprise n’est pas encore définitivement actée. « A priori, il s’agira de Lacq ; mais le cas échéant, nous pourrions nous implanter en Occitanie, glisse le dirigeant. Même si nos sites ne vont pas produire de fumées, il s’agit à chaque fois d’un projet industriel, avec un four vertical de 25 mètres de haut. Il n’est pas si évident que cela de trouver du foncier adapté… » Quant au déploiement de ses usines, la société l’envisage de façon mesurée et progressive. « L’objectif est de créer des unités de taille raisonnable et de mailler le territoire français au plus près des ressources forestières, mais aussi de nos clients », précise Thomas Messe. À terme, chacune de ces usines devrait faire travailler 35 personnes.











