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Languedoc-Roussillon
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Communication - Médias
| 23/02/2015

Midi Libre : le PDG tente de désarmorcer la crise

Des journalistes qui prennent la plume, dans leurs colonnes, contre leur PDG : si Libération en est coutumier, le geste est plus rare au quotidien régional Midi Libre. L’édition de Béziers a publié dimanche 22, en page deux, une tribune intitulée « Libres et responsables », signée de « la rédaction de Béziers », dans laquelle les journalistes de l’édition locale s’insurgent publiquement contre la censure d’un article, signé du chef d’agence de Béziers, Arnaud Gauthier, par leur PDG. « Aujourd’hui, comme hier, les journalistes doivent pouvoir continuer à exercer leur métier, affirment-ils. Ils le feront. Sourds à toute forme de pression. Armés de leur sens des responsabilités. Et demain, ils ne sauront tolérer une nouvelle marque de défiance de la part de leur direction. Ni à Béziers, ni ailleurs. » Cette tribune très critique a été publiée avec l’accord du PDG de Midi Libre, qui cherche à désamorcer la crise interne et externe. Le chef d’agence concerné avait, du coup, présenté sa démission. Autre geste du PDG : Il doit s’entretenir ce mardi par visioconférence avec trois chefs d’agence de Midi Libre.

Crainte d’un procès

 

L’affaire, dévoilée dès jeudi dernier par La Lettre M, a depuis fait le tour des médias nationaux. Le 11 février, Olivier Gerolami, président du directoire du Groupe Sud-Ouest, et directeur de la publication de Midi Libre, propriété de GSO, s’est manifesté auprès de la direction de la rédaction pour s’informer sur le traitement réservé à la campagne d’affichage du maire (apparenté FN) de Béziers, Robert Ménard, sur l’armement de sa police municipale. « Par crainte d’un procès », selon les journalistes, le PDG de Midi Libre a supprimé l’article du chef d’agence, Arnaud Gauthier, pour le remplacer par une dépêche de l’Agence France Presse. Interrogé par l’AFP, Olivier Gerolami a expliqué avoir « demandé une vérification de ce risque juridique, peut-être pas fondé car je ne suis pas docteur en droit, mais je rappelle que nous faisons déjà l'objet, pour un autre article, de poursuites en diffamation de la mairie de Béziers ». Il a ajouté que son propos n'était pas d'interdire ou de censurer un article qui s'est avéré être « polémique, mais pas diffamatoire ». Le geste, inédit, a provoqué la colère de la rédaction, jusqu’aux chefs d’agences, qui se sont déclarés solidaires de leur confrère. La société des journalistes de Midi Libre a menacé, dans un communiqué interne titré « Je ne suis pas Gerolami », de « soumettre aux actionnaires de Midi Libre une motion de défiance ».

Henri Frasque
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