Michel Barnier nommé Premier ministre : les réactions en Occitanie
Ancien commissaire européen et plusieurs fois ministre – Environnement, Agriculture, Affaires étrangères, Affaires européennes –, le LR (Les Républicains) Michel Barnier, 73 ans, est nommé Premier ministre le 5 septembre. Emmanuel Macron l’a chargé « de constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays et des Français », indique l’Élysée en précisant que « cette nomination intervient après un cycle inédit de consultations au cours duquel, conformément à son devoir constitutionnel, le Président s’est assuré que le Premier ministre et le gouvernement à venir réuniraient les conditions pour être les plus stables possibles et se donner les chances de rassembler le plus largement. » Premières réactions en Occitanie.
Les réactions en Occitanie
S'exprimant par voie de communiqué de presse au titre de présidente de l’association Régions de France, Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie, estime que « la nomination de Michel Barnier est celle d’un élu à la fois local, national et européen, soucieux du dialogue et du travail partenarial ». Selon elle, la France a besoin aujourd’hui « de changer de méthode de gouvernance », en associant les acteurs partageant « les valeurs républicaines » : « Pour répondre aux attentes exprimées par les Français, nous devons instaurer un meilleur équilibre des rapports entre l’État et les collectivités. Il est également temps d’initier une nouvelle étape de décentralisation, permettant un meilleur partage des pouvoirs, davantage de résultats et plus de participation citoyenne. » Sur son fil X (ex-Twitter), l'élue dénonce le fait que, selon elle, « au mépris du vote des Francais qui ont largement rejeté sa politique et du Front républicain qui a mis en échec le RN, le Président Emmanuel Macron nomme un Premier ministre de droite pour poursuivre ses politiques d'injustice sociale et d'inaction climatique ». Et la socialiste d'estimer que « cette décision ne respecte pas la volonté de changement exprimée par nos concitoyens. Et le spectacle donné ces dernières semaines au plus haut sommet de l’État ne fait que renforcer leur défiance envers les politiques. Le gouvernement est désormais dans les mains des groupes parlementaires d'extrême-droite, une première honteuse sous la Ve République. »
« Choisir un responsable des LR, formation de 47 députés, qui a refusé le “Front Républicain“ au second tour, comme Premier ministre est une décision incompréhensible, comme la dissolution fut une décision incompréhensible, commente quant à lui sur les réseaux sociaux Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole. La responsabilité est grande face à ceux qui nourrissent la défiance démocratique en ne respectant pas le choix des citoyens. »
Sur le réseau X, Jean-Luc Moudenc, maire divers droite (ex-LR) de Toulouse et président de Toulouse Métropole, salue la nomination d’un « authentique homme d’État, fin négociateur, ancien élu local, fort d’une riche expérience et d’un long parcours politique ». L’édile « lui souhaite de trouver les moyens de gouverner, mais dans l’indépendance vis-à-vis du Président de la République ». Et d’ajouter : « L’intérêt général commande de construire, par le dialogue et le respect, des convergences politiques au-delà des rigidités partisanes trop souvent étriquées. Notre pays a besoin de mesures fortes et courageuses pour redonner à la France toute son autorité et pour réduire la dette de notre pays. Dans ce cadre, il faudra s’efforcer de conforter la compétitivité de nos entreprises au service de la souveraineté et de l’emploi, prioriser la sécurité de nos concitoyens, soutenir le pouvoir d’achat par le travail, réarmer notre système de santé et notre système éducatif et combattre l’immigration clandestine. La coopération entre le futur gouvernement et les collectivités locales sera essentielle pour atteindre ces ambitions. »
Sébastien Vincini, président PS du Conseil départemental de la Haute-Garonne – et par ailleurs secrétaire national du Parti Socialiste -, estime quant à lui sur X que « le choix de Michel Barnier est incompréhensible. Alors que la gauche arrive en tête aux élections, c’est un homme de droite, issu d’un parti qui a refusé de faire le front républicain, qui est nommé. Après une telle faute politique, je crains une crise de régime majeure. »
De son côté, le député ex-LR du Lot Aurélien Pradié assure - lui aussi dans une publication X - que « pour être à la hauteur, la seule voie possible est le rassemblement des bâtisseurs venus de différents horizons. Je défends ce chemin depuis plusieurs mois. Il s’impose aujourd’hui. Michel Barnier porte une haute idée de ce qu’est la politique et le pays. Il saura réussir. »
Interrogé par La Lettre M, Jérôme Despey, 1er vice-président de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, estime que Michel Barnier « connaît le monde agricole et les arcanes de l’Europe par ses fonctions de ministre et de commissaire européen. L’agriculture ne peut plus être gérée seulement comme une affaire courante. Le Premier ministre et le futur ou la future ministre de l’Agriculture vont avoir sur la table toute la colère et l’exaspération du monde agricole, de la viticulture à l’élevage et aux grandes cultures. Les attentes sont d’autant plus fortes que le monde agricole attend une loi d’orientation agricole pour donner des perspectives. J’espère que le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture se mettront très vite à la tâche. »
Conseiller régional d'Occitanie et numéro 2 du PRG (Parti radical de gauche), Vincent Garel déplore le choix de Michel Barnier : « La logique aurait voulu, à la suite des élections législatives, que le Président choisisse un Premier ministre issu de la gauche. Le choix d’un homme de droite sera dans la continuité directe de la politique menée depuis 2017. » Celui qui est également président du CRTL (Comité régional du tourisme et des loisirs) estime que le nouveau Premier ministre « chargé de constituer un gouvernement de rassemblement au service des français » devra « donner les gages de l’apaisement républicain pour plus de justice sociale, pour une bifurcation écologique réelle et pour réduire les fractures qui traversent notre pays. »
Du côté du secteur de l’immobilier, Thierry Iacazio, président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie Méditerranée, confie à La Lettre M espérer « que Monsieur Barnier sera un Premier ministre qui trouvera la voie du consensus avec les partis politiques pour agir vite avec un gouvernement opérationnel ». Le secteur de l’immobilier - et plus largement de l’acte de bâtir - subit en effet une crise sans précédent qui mériterait, selon lui, « la nomination d’un ministre du Logement. Toutefois, il ne faudrait pas repartir sur l’analyse des besoins, car il y a urgence. Le logement est grippé en raison d’une crise multifactorielle à laquelle s’ajoute la fin programmée de dispositifs comme le Pinel. Le diagnostic ayant déjà été fait : logement social, logement étudiant, marché locatif bloqué, difficulté à écouler les logements neufs... Pour aller vite, la prorogation de dispositifs, notamment de défiscalisation (Pinel), peut être une solution en attendant de trouver un nouveau modèle visant à renforcer la production de logement pour répondre au besoin de la population. »
Hélène Sandragné, présidente PS du Conseil Départemental de l’Aude, considère qu’à travers « la nomination d’un premier ministre de droite qui a évolué sous les mandats présidentiels de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy et qui va poursuivre la politique du président Macron, on bafoue le vote des Français et leur volonté de changement exprimée par les urnes, qui n’est pas respectée... » L’élue audoise indique à La Lettre M craindre que « soient malmenés les budgets des collectivités tout comme les publics qui ont besoin d’elles, notamment les acteurs économiques. À lui seul, le Département de l’Aude génère 70 M€ d’investissement fléchés vers les entreprises locales. »
Maire LR de La Grande-Motte (34) et président de la communauté d’agglomération du Pays de L’Or, Stephan Rossignol salue cette nomination qui constitue selon lui « un signe rassurant pour nos concitoyens et la stabilité de la France. » Pour l’élu héraultais, « Michel Barnier incarne un homme de consensus, une qualité plus que nécessaire dans le climat politique actuel. » L’ancien président de la fédération LR de l’Hérault se dit également convaincu qu’il « saura non seulement bâtir des compromis solides, mais aussi former un gouvernement à la fois compétent, pragmatique et responsable, apte à répondre aux attentes des Français et à relever les enjeux qui s’imposent à nous. »
De son côté, Pierre-Olivier Nau, président du Medef 31, « salue la nomination de Michel Barnier, un homme de dialogue, de consensus, et un Européen convaincu. Dans une période marquée par des positions extrêmes et dogmatiques, sa volonté de dialogue est un gage encourageant. » L’élu patronal « espère qu’il prendra exemple sur les partenaires sociaux pour instaurer un dialogue constructif, qu’il saura s’appuyer sur un paritarisme actif, qu’il apportera à notre pays la stabilité dont nous avons besoin et engagera les réformes nécessaires pour que nos entreprises poursuivent leur développement, leurs investissements et relèvent les immenses défis industriels de notre territoire haut-garonnais. »











