Métro : le Sicoval veut des appels d'offres maintenant
Encore en phase d’enquête publique (avis des commissaires enquêteurs attendu en fin d’année) et en concurrence larvée avec le projet de 3ème ligne de de Toulouse Métropole, le projet de prolongement de ligne B (PLB*) du métro de Ramonville jusqu’à Labège, au sud-est de Toulouse, reçoit, le 16, l’appui de la Région MP, du Département de Haute-Garonne et de plusieurs entrepreneurs de Labège. « Les derniers obstacles réglementaires sont levés. Plus rien ne s’oppose à ce que Tisséo SMTC lance les appels d’offres, de façon à connaître les coûts exacts. De notre côté, les dossiers de consultation des entreprises sont prêts », martèle Claude Ducert (EELV), maire de Labège, ex-président du Sicoval devenu... conseiller communautaire du Sicoval en charge du PLB. « Il n’y a pas d’opposition entre le PLB, réalisable maintenant, et la 3ème ligne de métro réalisable à long terme », précise Georges Méric (PS), président du conseil départemental.
* Cinq nouvelles stations, mise en service fin 2020. Coût estimatif : 362 M€. Financement bouclé : Tisséo SMTC 141 M€, conseil départemental 80 M€, Sicoval 141 M€, Etat, 20,5 M€, Région : 10 M€, versement transport 10 M€, ventes de droits à construire 26 M€, emprunts 74,5 M€.
Le Conseil national pour la protection de la nature a notamment avalisé les mesures compensatoires pour les espaces naturels. Ont été réalisés depuis début 2015 : diagnostics archéologiques, reconnaissances géotechniques, diagnostic pollution, prototype viaduc.
« Le maire de Toulouse (Jean-Luc Moudenc, Les Républicains) parle de 2024 pour la mise en service de la 3ème ligne de métro. Je suis prêt à parier gros, très gros (pour que cela soit plus tard, NDLR). Dire que si on ne fait pas le PLB, la 3ème ligne de métro arrivera trois ans après, c’est une vue de l’esprit. Nous pouvons faire d’abord le PLB, puis dans le temps la 3ème ligne de métro, qui apportera certainement à Toulouse un plus. Monsieur Moudenc, faites preuve de bonne volonté en lançant l’appel d’offres officiel. Mais je ne suis pas dans un bras de fer avec M.Moudenc. Il y a des négociations, dans un état d’esprit constructif, pour équilibrer le développement du territoire. Toulouse Métropole est une chance pour tous. » Kader Arif, député PS de Haute-Garonne, regrette pour sa part qu’il y ait « une volonté de la métropole à retarder le projet, de façon à ce qu’il ne se fasse pas, sans jamais dire non. Or, nous avons besoin du prolongement de la ligne B. »
Claude Ducert a ajouté : « Si la 3ème ligne se fait, le premier tronçon qui se fera sera celui entre la gare Matabiau et l’aéroport, et ça sera logique. Je ne spécule donc pas sur une éventuelle desserte de Labège par cette 3ème ligne ».
A propos du PLB, M.Méric a parlé d’un « projet utile pour le Sicoval, mais aussi pour le Sud-est toulousain. Le PLB sera utile pour lutter contre les embouteillages. Le projet reçoit l’assentiment populaire, et il est financé. Je confirme les 80 M€ du conseil départemental. Le projet est réalisable dans l’immédiat. Il est inscrit au plan de déplacement urbain. C’est un projet de déplacement équilibré du territoire. Le Sud-est toulousain n’est pas que le Sicoval. Cette zone concentre 180 000 habitants et 240 communes. »
Le monde entrepreneurial de Labège pousse aussi à la réalisation du PLB. « Cette année, à Labège, on aura créé 200 emplois nets dans un bâtiment de 5 000 m2 (IOT Valley), qui est plein, a détaillé Hervé Schlosser (France Pari, association PLB) On envisage de doubler la surface, avec la création d’un 2ème bâtiment de 5 000 m2. Les chefs d’entreprise sont très favorables à la venue du métro. C’est un élément déterminant pour fidéliser et faire venir les salariés. Plus de la moitié des salariés habitent à Toulouse. Si les 20 M€ de l’Etat ne seront pas utilisés, ils seront perdus. Et si le projet ne se fait pas, les emplois perdus à Labège ne seront pas pour autant créés à Toulouse. L’enjeu, c’est de les créer dans la métropole, sinon ils iront à l’étranger. Sigfox recrute une personne par semaine. Bien sûr, le métro n’est pas la seule ligne de fracture. Mais c’est un élément important. Nos salariés se plaignent de la difficulté de rejoindre le centre de Toulouse. »










